Au Japon, on appelle ça « giri choco », une sorte d’obligation sociale, propre à la Saint-Valentin, qui consiste pour les femmes à offrir des chocolats à leurs collègues masculins.

 

Tous les ans, c’est donc le même rituel, des millions d’ »office ladies » se ruent dans les commerces pour faire le plein de pralines, qu’elles distribueront ensuite méthodiquement sur leur lieu de travail. Mais elles garderont les meilleures pour leur mari ou leur petit ami, car à la Saint-Valentin au Japon, ce sont les femmes qui offrent, l’inverse de chez nous !

 

D’abord les femmes, puis les hommes

 

Les hommes leur rendront la politesse un mois plus tard, lors du « white day ». La coutume veut d’ailleurs qu’elles reçoivent ce jour-là le triple de ce qu’elles ont offert ! Du coup, le business est énorme, et bien avant le 14 février, tous les grands magasins et les centres commerciaux se mettent aux couleurs de la fête des amoureux.

Dans le centre de Tokyo, le rez-de-chaussée d’une tour de bureaux s’est transformé en grande surface du chocolat. La plupart des grandes maisons, bien souvent européennes, sont représentées, et les vendeuses ne chôment pas. On estime le marché japonais du chocolat à 8,5 milliards d’euros par an, ce qui en fait le premier en Asie.

Une opportunité qui n’a pas échappé aux chocolatiers belges, parmi les plus appréciés avec les Français. Chez Godiva, qui compte 255 boutiques à travers tout le pays, la période de la Saint-Valentin est cruciale, elle représente jusqu’à 30 % de son chiffre d’affaires annuel.

L’enseigne, qui surfe sur la fièvre acheteuse des consommateurs nippons, affiche tous les ans une croissance à deux chiffres. Si les chocolats marchent moins bien le reste de l’année, Godiva se rattrape avec les glaces et les gâteaux. Les affaires sont si bonnes que le chocolatier ouvre six à neuf boutiques par an dans l’archipel.

Dans un marché dominé par les géants industriels nationaux, Meiji et Morinaga en tête, les Français, eux aussi, ont une place à part. La version tokyoïte du Salon du chocolat, organisée fin janvier, est l’occasion pour les plus grands noms de faire le déplacement : Jean-Paul Hévin, Stéphane Bonnat ou Henri Le Roux, tous sont là. La plupart sont implantés dans l’archipel, une activité très profitable.

 

Les locaux aussi

 

Même les pâtissiers-chocolatiers « locaux » y trouvent leur compte. Frédéric Madelaine, lui aussi français, est installé au Japon depuis 15 ans. Aujourd’hui, il gère trois boutiques à Tokyo, sans compter le stand qu’il anime dans un grand magasin de Ginza le temps de la Saint-Valentin.

« Il n’est pas rare », dit-il, « que des filles des bars à hôtesses du quartier viennent dépenser plusieurs centaines d’euros de chocolats pour les offrir à leurs clients ! »

Tous les ans, Frédéric Madelaine profite de l’occasion pour sortir un nouveau produit. Cette année, son gâteau au chocolat en forme de camembert fait un carton paraît-il !

La période est tellement faste qu’il reconnaît travailler « 17 à 18 heures par jour » ! Après ça, il prendra deux jours de repos… C’est le minimum !

 

Source: Lalibre.be

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