Le Beaujolais nouveau arrive sur les tables du monde entier mercredi 14 novembre à minuit, alors que la récolte de ce petit vignoble situé au nord de Lyon (Rhône) a été divisée par deux, à cause d’une année marquée par les intempéries. « Du jamais vu » selon les professionnels, qui redoutent la faillite de certaines exploitations.

 

Avec une récolte estimée à 230.000 hectolitres cette année, ce vin primeur mis en vente dans le monde entier le troisième jeudi de novembre représente la moitié de la production totale, le reste étant des vins de garde.

Cette petite récolte s’explique par des conditions météorologiques particulièrement mauvaises. « De mémoire de viticulteur, autant d’aléas climatiques concentrés sur une seule année, c’est du jamais vu », avoue-t-on à l’Inter-Beaujolais, l’organisation professionnelle du vignoble. « Ça a commencé par le gel cet hiver, puis nous avons eu plusieurs épisodes de grêle en août et beaucoup de pluie », note explique Jérémy Gauthier, vice-président des Jeunes Agriculteurs (JA) du Rhône et viticulteur à Blacé (Rhône).

 

 Des exploitations menacées de faillite

 

Le syndicat estime d’ailleurs que 500 exploitations sur les 3.000 que compte le vignoble « seraient sur la sellette ». Elles doivent faire face à des problèmes de trésorerie et certaines seraient même menacées de faillite.

« On va vivre six mois grâce au beaujolais nouveau, mais dans six mois nous n’aurons plus rien à vendre et la hausse des prix ne compensera pas la perte », estime Daniel Bulliat, président de l’appellation beaujolais-beaujolais villages. Des prix qui devraient augmenter de 10 à 20% sur les bouteilles. « La demande est là, mais il manque le produit « , précise encore le viticulteur, installé à Beaujeu.

 

Dans ce contexte, les marchés étrangers, où le vin primeur a déjà été livré, ne devraient pas ressentir cette baisse.

En 2011, près de la moitié des 35 millions de bouteilles de beaujolais nouveau a été vendue à l’export. Le Japon reste le premier pays consommateur avec près de 8 millions de bouteilles commercialisées, devant les Etats-Unis (2,4 millions de bouteilles) et l’Allemagne (1,3 million de bouteilles).

L’Inter-Beaujolais rappelle que cette faible production ne doit pas « occulter la qualité du millésime 2012 », obtenue « grâce à un suivi accru des viticulteurs ». L’organisation professionnelle annonce des vins « très gourmands et croquants ». C’est « un vin souple et axé sur des fruits rouges », selon Jérémy Gauthier.

Le vignoble du Beaujolais qui regroupe près de 3.000 exploitations entre Lyon et Mâcon, compte douze appellations: le beaujolais, le beaujolais villages, Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côtes-de-Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin à Vent, Régnié et Saint-Amour.

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