L’action de l’opérateur japonais de téléphonie mobile Softbank a bondi de près de 10% mardi à la Bourse de Tokyo, grâce à son projet d’achat de son homologue américain Sprint Nextel…

L’action de l’opérateur japonais de téléphonie mobile Softbank a bondi de près de 10% mardi à la Bourse de Tokyo, malgré les doutes entourant le projet d’achat de son homologue américain Sprint Nextel pour 20 milliards de dollars.

Le titre Softbank a gagné exactement 9,56%, terminant à 2.485 yens, ce qui ne compense toutefois pas le terrain perdu vendredi et lundi: mardi le titre terminait à près de 14% plus bas que jeudi soir.

La presse avait éventé vendredi le projet de rachat de Sprint, ce qui avait déclenché une vente massive d’actions Softbank jusqu’à l’officialisation du plan lundi à la clôture du marché.

Les précisions apportées lundi soir par le PDG de Softbank, Masayoshi Son, et son homologue de Sprint, Dan Hesse, ont favorisé un rebond du cours.

« Il y a un certain soulagement car certaines incertitudes entourant l’accord ont été levées » par les deux dirigeants, a expliqué à l’AFP Hirokazu Fujiki, courtier chez Okasan Securities.

En outre, des opérateurs qui craignaient que Softbank ne soit obligé d’augmenter son capital pour financer l’acquisition ont été rassurés par le montage financier du projet, qui s’appuie sur des liquidités disponibles et des prêts bancaires.

« Ce rebond n’est toutefois pas assez fort pour ramener l’action Softbank à ses niveaux d’avant la révélation de l’accord. La suite reste incertaine », a remarqué M. Fujiki.

 

Le PDG de Softbank a en effet pris de gros risques, de son propre aveu, en investissant 20,1 milliards de dollars dans le troisième opérateur de téléphonie mobile américain: 12,1 milliards pour acheter des actions du groupe sur le marché et 8 milliards pour le recapitaliser.

Il s’agit d’un pas de géant pour le troisième opérateur nippon qui, à l’étranger, se contentait jusqu’à présent de proposer des offres de contenu pour internet, son métier d’origine.

Softbank n’est en effet entré dans le monde de la téléphonie mobile qu’en 2006, lorsque M. Son avait fait le pari – gagnant – d’acheter les activités japonaises du britannique Vodafone pour la somme astronomique de 1.750 milliards de yens (plus de 22 milliards de dollars au cours actuel).

Il s’est depuis imposé comme un solide concurrent pour le leader historique du marché japonais, NTT Docomo, et son challenger KDDI, via des offres promotionnelles redoutables, des campagnes marketing ciblées et l’introduction avec succès de l’iPhone d’Apple au Japon.

 

En revanche, à l’étranger, le nom « Softbank » ne dit rien à personne ou presque, surtout pas aux Etats-Unis où il est quasi absent.

« Cet accord pourrait transformer Softbank en un mastodonte s’étendant du Japon aux Etats-Unis en passant par l’Asie », a souligné Hitoshi Hayakawa, du Crédit Suisse, interrogé par Dow Jones Newswires.

Si Softbank obtient comme prévu la propriété de 70% de Sprint à la mi-2013, la firme nippone deviendra d’un coup le troisième opérateur mondial, avec un portefeuille de quelque 90 millions d’abonnés. Seuls le chinois China Mobile et l’américain Verizon font davantage.

Pour M. Hayakawa cette acquisition va « ouvrir la porte à une reconfiguration historique du secteur », aux Etats-Unis dans un premier temps où un mariage du numéro 4 local, T-Mobile USA, filiale de l’Allemand Deutsche Telekom, avec le numéro 5, MetroPCS, a déjà été annoncé en début de mois.

Nombre d’investisseurs restaient néanmoins très prudents au vu de la charge financière colossale que va représenter cet achat pour Softbank: l’agence de notation financière Moody’s a mis en exergue lundi l’endettement de Sprint, estimé à 21,3 milliards de dollars fin juin, et a menacé d’abaisser la note de la dette de Softbank en catégorie spéculative. Sa concurrente Standard & Poor’s a fait de même mardi.

Discussions

Laisser un commentaire