Le départ anticipé mercredi du gouverneur de la Banque du Japon, dont le mandat arrivait à terme dans trois mois, a été fêté par le marché.

Alors que les marchés européens sont repris par le doute, la chute du yen et la nouvelle politique économique du Japon donnent des ailes à la Bourse de Tokyo.

Le Nikkei vient de retrouver des niveaux inconnus depuis septembre 2008. Il a gagné plus de 30 % depuis mi-novembre, date à laquelle les marchés ont commencé à espérer un changement de gouvernement.

Mercredi, le départ anticipé du gouverneur de la Banque du Japon, dont le mandat arrivait à terme dans trois mois, a été fêté par le marché.

Le gouvernement avait exercé de fortes pressions sur la BoJ, arc-boutée sur ses principes, pour obtenir un changement de politique monétaire et la fin du yen fort.

«La nouvelle équipe qui dirigera bientôt la Banque du Japon sera plus encline à travailler avec le gouvernement», estime Alex Treves, directeur des actions japonaises chez Fidelity.

 

Le yen a chuté de 20 %

 

Le yen a déjà perdu plus de 20 % face au dollar depuis la mi-novembre. Il est à son plus bas niveau depuis trois ans. Un sérieux coup de pouce pour les entreprises japonaises, pénalisées ces dernières années par la surévaluation de la devise.

«Après la crise financière de 2008, le Japon a laissé sa monnaie s’apprécier de 40 % face au dollar» rappelle Emmanuel Hermand, responsable des ventes chez Nomura France.

Pour s’adapter, les entreprises se sont restructurées. «Ne plus avoir à porter le fardeau d’un yen fort peut se traduire très vite par une très forte hausse de leurs bénéfices» estime Guy de Tonquedec, responsable des actions japonaises chez Lazard Frères Gestion.

Pourtant, ce ne sont pas seulement les sociétés exportatrices et l’automobile qui s’envolent en Bourse. «Les banques, l’immobilier ou la pharmacie ont de très beaux parcours, car le yen n’est pas le seul moteur du rebond.

Les marchés espèrent que ce gouvernement, qui a enfin une vraie majorité au Parlement, va sortir le pays de la déflation» note Guy de Tonquedec.

Dans ce cas, ce nouveau rally japonais serait plus durable que les précédents, aussi spectaculaires qu’éphémères. «Le marché a rebondi, car les investisseurs étrangers, qui représentent 60 % à 70 % des volumes changés à Tokyo, sont revenus.

Et ce mouvement n’est pas terminé, car ils sont encore très sous-investis sur ce pays» souligne Emmanuel Hermand.

Mais il faudra que les entreprises japonaises tiennent leurs promesses. «Nous sommes confiants. Les prévisions de résultats devraient beaucoup progresser» affirme Alex Treves.

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