La Banque du Japon a augmenté le montant de son programme d’assouplissement monétaire et annoncé des prêts illimités aux banques…

 

La Banque du Japon a augmenté le montant de son programme d’assouplissement monétaire et annoncé des prêts illimités aux banques pour doper l’activité, sous la pression d’un gouvernement inquiet d’une déflation persistante et d’une croissance ralentie.

A l’issue d’une réunion d’une journée, organisée en présence du ministre du Budget, Seiji Maehara, la BoJ a élevé d’environ 11.000 milliards de yens (110 milliards d’euros) l’enveloppe consacrée à son programme d’achat d’actifs financiers et d’injection dans le circuit interbancaire, portée désormais à 91.000 milliards de yens.

Une partie des fonds seront débloqués au premier semestre 2013 et la majorité au second semestre de cette année-là.

Dans le détail, la BoJ va accroître de 5.000 milliards de yens (50 milliards d’euros) ses achats de bons du trésor japonais à court terme (échéance à douze mois ou moins) et d’autant ceux d’obligations d’obligations d’Etat (échéance à deux ans ou plus).

Elle va aussi amplifier de près de 1.000 milliard de yens (10 milliards d’euros) ses acquisitions de titres divers (obligations d’entreprise, papiers commerciaux, titres adossés à des fonds d’investissement immobiliers, etc.).

En continuant d’inonder le marché de liquidités, « la Banque veut rendre les conditions de circulation de l’argent plus fluides pour les entreprises comme pour les ménages », a expliqué son gouverneur, Masaaki Shirakawa, lors d’une conférence de presse.

Au final, la BoJ espère ainsi aider la troisième puissance économique à sortir d’une déflation qui l’entrave depuis plus de trois ans et doper une activité ralentie par les difficultés de la conjoncture internationale, en Europe comme en Chine.

Dans ce but, l’institut d’émission a également annoncé le lancement prochain d’un nouveau mécanisme pour fournir des liquidités « illimitées » aux banques de dépôt, afin de les encourager à prêter aux entreprises et aux ménages.

La BoJ précisera les modalités de ce système d’ici à la fin de l’année, mais elle a déjà fait savoir que le taux d’intérêt des prêts serait de 0,1% et leur durée d’un, deux ou trois ans, prolongeables jusqu’à une période maximale de quatre années.

D’après le gouverneur, la demande initiale des banques pour cette facilité de caisse pourrait s’élever à 15.000 milliards de yens (150 milliards d’euros).

 

Ce mécanisme complètera un autre système, lancé en juin 2010, de fourniture de crédits à taux réduits aux banques voulant prêter à des entreprises actives dans des secteurs stratégiques pour la croissance. Ce premier mécanisme dispose toutefois de financement limités à 5.500 milliards de yens (55 milliards d’euros).

Le gouverneur a assuré que ces nouvelles actions, annoncées à peine un mois après une précédente décision d’assouplissement monétaire, devaient servir à contrer le ralentissement de l’activité nippone entraîné par la mauvaise conjoncture internationale.

Dans un rapport semestriel distinct sur l’économie et les prix publié mardi, la BoJ a abaissé sa prévision de croissance pour la période d’avril 2012 à mars 2013, à 1,5% contre 2,2% encore escomptés en juillet.

Elle a en outre abandonné son espoir de voir le Japon sortir de la déflation pendant cette année budgétaire, attendant désormais une baisse des prix à la consommation (hors produit périssable) de 0,1% au lieu d’une hausse de 0,2%.

Mais la BoJ, qui a jugé dans ce rapport que les conditions financières au Japon restaient « accommodantes », a aussi subi la pression d’un gouvernement en difficulté dans les sondages et déterminé à obtenir le maximum de l’institut d’émission indépendant.

A l’issue des travaux du comité de politique monétaire, le gouvernement de centre gauche et la BoJ ont publié un communiqué commun inédit où ils ont promis de « vaincre la déflation ».

La banque centrale y a notamment promis de « continuer sa politique de vigoureux assouplissement monétaire jusqu’à ce qu’elle juge proche son objectif de 1% d’inflation », c’est-à-dire pas avant l’année budgétaire 2014 au vu de ses propres prévisions.

Elle s’est aussi engagée à maintenir aussi longtemps que nécessaire sa politique de taux zéro, qu’elle a confirmée en gardant son principal taux directeur dans une fourchette de 0,0% à 0,1%.

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