Les conséquences d’un achat irréfléchi.

 

Kampo no Yado, une chaîne de station de vacances gérée par Japan Post Holdings Co., n’a pas pu échapper à des déficits chroniques, puisque la plupart des installations ont été construites sans que leur rentabilité soit vérifiée et par une main d’œuvre, en plus d’autres dépenses, très coûteuse.

Japan Post a pour objectif de vendre les auberges de Kampo no Yado avant l’annonce de son parc prévue au printemps 2015. Mais il n’est pas certain que Japan Post sera en mesure de trouver facilement des acheteurs pour ces installations non rentables.

Kampo no Yado Hikone, à Hikone dans la préfecture de Shiga, a été réservée à 85% de sa capacité sur une semaine au début du mois d’octobre. L’auberge est populaire parce qu’elle est le seul établissement d’hébergement dans la ville qui exploite une source d’eau chaude.

« Nos clients apprécient notre bain de source chaude et nos savoureux repas », a déclaré le directeur général Kazunari Iida.

 

Kanpo-no-Yado-Hikone

Kanpo no Yado Hikone

Cependant, une telle performance n’a été réalisée que par un petit nombre d’auberges de Kampo no Yado. Il y a au total 71 installations Kampo no Yado et d’autres affiliées à travers le pays, et leur solde total récurrent pour l’exercice 2012 était de 2,8 milliards de yens de déficit.

L’auberge Kampo no Yado Tokachigawa à Otofuke, à Hokkaido, a déjà eu une perte récurrente de 120 millions de yens et est toujours en déficit. C’est parce que le nombre de touristes diminue considérablement en hiver qu’il sera difficile pour les auberges Kampo no Yado d’améliorer leurs conditions budgétaires.

Une raison pour laquelle beaucoup d’auberges sont aux prises avec des déficits chroniques est qu’elles ont été construites pour les clients des services d’assurance postaux Kampo.

Puisque les coûts de construction et une partie des frais de gestion ont été financés par les revenus des assurances et les gains de placement, les honoraires des auberges n’ont pas été fixés à des niveaux rentables.

De plus, les installations ont été construites conformément aux demandes des gouvernements locaux dans tout le pays, conduisant ainsi à une considération insuffisante de la possibilité de l’entreprise à réaliser ou non des bénéfices.

 

Des coûts élevés de personnel

 

Les coûts d’exploitation élevés sont aussi un problème. Selon un rapport du Conseil de vérification compilé en mars 2010, le revenu annuel moyen des employés réguliers des auberges Kampo no Yado était de 6 920 yens.

Ce qui représentait un salaire environ 2,8 fois plus élevé que le salaire des employés d’auberges privées de taille similaire, sachant qu’en plus le nombre d’employés par chambre était environ 10% plus élevé que le nombre d’employés par chambre pour une auberge privée de même taille.

Les coûts en alimentation des auberges Kampo no Yado sont également plus élevés que la moyenne.

Les fonctionnaires de Japan Post ont déclaré que des efforts ont été faits pour rendre les opérations plus efficaces, comme par exemple le fait d’avoir un personnel de réception capable d’aider dans les restaurants. Mais ces mesures sont loin d’être suffisantes pour arriver au niveau des réductions de coûts dans d’autres hôtels ayant des tarifs raisonnables.

Une révision de la loi sur la privatisation du service postal adoptée en mai 2012 a permis à Japan Post de vendre quelques unes de ses auberges Kampo no Yado. Ainsi, Japan Post a pour objectif de vendre chacun de ses établissements, principalement aux administrations locales.

Pour que Japan Post puisse lister ses actions avec succès au printemps 2015, il est essentiel pour lui de se séparer de ses divisions non rentables.

Les terrains des auberges à Kashiwazaki, dans la préfecture de Niigata; ceux de Shimabara, dans la préfecture de Nagasaki; et ceux de Maizuru, dans la préfecture de Kyoto, ont déjà été prévus dans des terrains vacants puisque les installations devaient être reconstruites. Japan Post a annoncé aux gouvernements locaux qu’il souhaitant leur vendre ses biens immobiliers, un geste qui a laissé perplexes certains fonctionnaires de ces gouvernements.

Un fonctionnaire du gouvernement de la ville de Kashiwazaki a confié : « Comme cette proposition a été faite subitement, elle n’a pas pu être incluse dans le plan de développement urbain de notre gouvernement. »

Si les bâtiments des auberges sont vendus ensembles, l’obstacle à la vente sera d’autant plus élevé puisqu’il s’agit d’installations déficitaires.

Bien que de nouvelles réductions des coûts de main-d’œuvre sont inévitables pour réaliser la vente, il y a des employés permanents parmi ceux de Kampo no Yado. Ainsi, il est difficile de parvenir à une restructuration commerciale drastique.

 

Le dernier plan de cession a échoué

 

Japan Post envisage de vendre individuellement chacune de ses auberges Kampo no Yado, apprenant de son expérience amère d’avoir essayé de les vendre toutes ensembles.

En décembre 2008, Japan Post a annoncé qu’il allait vendre 70 auberges de Kampo no Yado comme un package au groupe Orix.

Mais le ministre de l’Intérieur et de la Communication Kunio Hatoyama s’était opposé à ces plans de ventes en disant que Yoshihiko Miyauchi, le directeur général du groupe Orix, s’était engagé dans les débats sur la privatisation des entreprises postales.

Hatoyama a également déclaré que le prix de vente prévu au départ de 10,9 milliards de yens était « trop bas » puisque le coût total pour l’achat des terres et pour la construction des bâtiments s’évaluait à 240 milliards de yens.

La question a été discutée à la Diète et finalement, le président de Japan Post Yoshifumi Nishikawa a été contraint de retirer son plan de ventes.

 

Source: Nipponconnection.fr

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