Cela peut paraître étrange mais au sein de nombreux foyers japonais, l’usage des prénoms à tendance à se faire rare dès l’arrivée du premier enfant.

 

En occident beaucoup de couples parlent d’eux-mêmes à la 3ème personne et s’adresse à leurs moitiés en l’appelant « maman »/« papa » afin d’inspirer le premier mot de leur chérubin, ou tout simplement parce qu’ils trouvent cela mignon.

C’est un phénomène courant mais passager. Ce qui n’est pas le cas du Japon, ou, même après que l’enfant ait quitter le nid, le père de famille continue d’appeler son épouse maman, soit Okaasan.

Avec la naissance du premier enfant, la femme du foyer qui était jusqu’alors Miyuki, Miko, ou encore Naoko, deviendra Okaasan.

Okaasan pour son enfant, Okaasan pour son mari, au point d’en oublier qu’avant d’être mère, elle est aussi une femme !

Mais que se passerait-il si après des années de mariage, un mari appelait sa femme par son prénom comme au début de leur relation ?

C’est la question que s’est posée Pola, une société de cosmétique japonaise, qui s’est prêtée à une petite expérience. Afin de découvrir les réactions de ces femmes, Pola a demandé à des pères de familles de s’adresser à leurs femmes en utilisant leurs prénoms. Elle à ensuite créer une vidéo promotionnelle en s’inspirant de cette enquête :

 

▼ N’oubliez pas d’activer les sous-titres anglais

 

Ce qui ressort de cette vidéo est la surprise des femmes lorsque leurs maris les nomment par leurs prénoms. En revanche ce que l’on ne voit pas dans la vidéo, et qui est tout aussi déconcertant, c’est que certains époux trouvent étranges d’appeler leurs femmes autrement qu’Okaasan !

L’enquête de Pola révèle aussi que le changement d’appellation affecte la santé émotionnelle et l’apparence physique des jeunes femmes. La vidéo ne fournit pas beaucoup de détails ou donnés chiffrées mais cela n’est pas très surprenant étant donné que c’est une vidéo promotionnelle et que son but est avant tout commercial. Il n’en reste pas moins que Pola nous offre un aperçu intéressant sur les problèmes d’identité qui touchent la société nippone.

Le rôle et la position social d’une personne est très importante au japon. Si Yoshio Suzuku (nom japonais le plus commun) devient le chef de section de l’entreprise d’ingénierie pour laquelle il travaille, alors il ne sera plus Suzuki-san (Mr suzuki) mais Suzuki Kachou (Chef de section Suzuki). Il est donc nommé, définit, en fonction de son rôle, de sa place dans l’entreprise. Cette règle s’applique sur le lieu de travail mais aussi dans le cadre privée.

Dans le foyer familial, dès l’arrivée du premier enfant la femme devient Okaasan, la mère, et le mari devient Otousan, le père.

A première vue, rien d’inhabituel mais quand un homme d’une soixantaine d’année essaie d’attirer l’attention de son épouse dans un super marché bondé, en l’interpellant Okaasan et que c’est plus d’une douzaine de femmes qui se retournent à l’unisson ; ou lorsqu’un employé s’adresse à sa patronne en l’appelant Okusan, épouse, après avoir vu qu’elle portait une alliance, alors il est évident que c’est un phénomène commun et que les japonais accordent beaucoup (trop) d’importance aux rôles que chacun occupe dans la société, au point que chaque individu soit définit uniquement par sa place dans les différents cercles (société, entreprise, famille) auxquels il appartient.

C’est le cas pour ces mères dont les époux ne les nomment pas par leur prénoms. Même dans l’intimité du couple, l’individu perd son identité puisque la femme est mère avant d’être qui est elle est. Au final, cela revient à effacer l’identité individuel.

Nous sommes alors en droit de nous demander qu’est ce qui définit un individu. La réponse à cette question est d’autant plus complexe à trouver dans une société qui tend vers un phénomène d’uniformisation qui accentue la perte d’identité individuel au profit de l’identité sociale comme c’est le cas au Japon.

 

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Source/screenshots: Youtube -POLA- rocketnews24Philip Kendall

Discussions

19 Réponses

  1. Al

    Individu roi, non merci.

    « Il n’en reste pas moins que Pola nous offre un aperçu intéressant sur les problèmes d’identité qui touchent la société nippone. ».

    « Problèmes d’identité […] société nippone » !

    lol.

    C’est qui Pola ?
    Une société de cosmétique japonaise.
    Ah d’accord.

  2. caligula63

    Je ne vois pas très bien où est le problème.
    Il me semble que l’on nous rebat les oreilles avec des trucs du genre: « Le japon est très conservateur en ce qui concerne les us et coutumes ».
    Je le conçois, mais si le fait d’appeler une mère par son prénom peut nous paraître normal, ce n’est pas le cas là-bas? Pas grave… Tout va bien dans le meilleur des mondes.

    Moi-même je donne plein de surnom à ma Dame et elle en fait autant à mon endroit. Même ma fille a droit à des diminutifs qui n’ont rien à voir avec ses études, ou le reste…

    • Deedee

      Je pense pas que ce soit comparable avec les surnoms. Là c’est carrément l’identité de la personne qui est en jeu, parce que la femme en tant que telle disparait pour laisser place à son statut de mère à jamais, elle est identifiée en tant que mère et non en tant qu’individu à part entière. Et même son mari la voit comme telle en l’appelant ainsi, du coup ça doit pas être terrible au niveau de la vie de couple si tous les deux se perçoivent juste comme des « parents ».

      • caligula63

        Juste une question, qui peut changer cet état de fait?
        Les mères, bien entendu, mais les pères aussi, voire même les momes…
        Si personne ne le fait, c’est que la tradition est bien ancrée. Donc je propose d’en rester là, et de laisser les japonais faire ce qu’ils veulent, ou ne veulent pas.

  3. Daigo

    Qu’est ce que ça me gave tout ce qui critique le Japon sur les Moeurs, le fait qu’ils s’excusent trop, qu’il sont trop polis ou ci ou ca. Vous aimez le Japon oui ou merde, aimez le comme il est au lieu de vouloir changer ses soi-disants défauts ou balayez devant votre porte. Moi je ne me permettrais pas de critiquer le Japon et je ne permettrais pas que des etrangers viennnent m’emmerder avec leurs idées conifiantes comme dirait Gabin dans les vieux de la vieille (sisi j’ai 28ans quand meme).

  4. Bluebird

    Personne ne critique le Japon. Si tout le monde consulte ce site internet, c’est qu’il accepte ce pays comme il est.
    Encore une fois, stop de voir le mal partout.

    Je comprends tout à fait le problème, et bien que ce soit qu’une société de cosmétique, cela n’empêche pas que cette publicité ouvre les yeux. Certes sont but reste commercial, mais elle est vraie.

    je suis d’accord avec Deedee, on peut pas comparer ça a des surnoms. Cependant, la place de la femme dans la société a toujours été un problème, et pas qu’au Japon. Que ce soit, le rôle de mère, de femme ou de salarié, c’est dur à gérer. Ca se voit plus au Japon, et cette marque soulève ce problème et c’est bien! Les choses doivent bouger, pas parce que c’est le Japon, mais parce que cela doit être difficile à gérer pour les Femmes.

  5. Hajime

    En soi, la chose ne me choque pas le moins du monde. Il s’agit d’une culture profondément ancrée, et si elle nous semble aberrante, c’est parce qu’on la regarde avec nos yeux d’occidentaux.
    Après, on ne peut pas nier que dans les faits, la société japonaise laisse peu de place à l’individu (encore une fois, je ne dis pas que c’est un mal, il nous est impossible de juger en tant qu’étrangers).
    Personnellement, quand j’ai été au Japon, ça m’a beaucoup frappé ; j’ai trouvé ça assez oppressant, tous ces rapports impersonnels et normés (comme le fait que dans les magasins, les vendeurs accueillent les clients avec une longue tirade, et que ces derniers ne leur accordent même pas un regard en retour). Mais c’est aussi ça qui fait le charme de la culture nippone après tout…

  6. Daija Sagan

    On peut critiquer beaucoup de choses sur le Japon, oui la société, donc la position, le poste, le rôle qu’on y joue priment par rapport à l’individu, mais d’un autre côté c’est quand même un des derniers pays de l’OCDE a résister à la déconstruction de la familles et des valeurs traditionnelles. Vous me faites rire tous les France-pays-des-droits-de-l’Homme-istes donneur de leçon, on vous a bien lavé le cerveau.
    Vous croyez sérieusement que les femmes sont plus heureuses en France ?
    En tout cas c’est pas demain la veille qu’on verra l’émergence d’une quelconque théorie du genre au Japon.

    • Hajime

      Le Japon,dernier bastion de la famille ? Mais bien sûr, c’est connu. Comme en Corée du Sud. Sinon, le processus de destruction de la famille atomique, tu connais ? Les parents qui ne voient leur enfant que le week-end et qui sont trop crevés par une semaine de boulot pour faire quoi que ce soit avec eux, ça te dit quelque chose ? Renseigne-toi vraiment avant de sortir ce genre de débilités sur un ton supérieur.

      Je trouve déjà limite qu’on aille juger les coutumes japonaises avec nos yeux d’étranger, mais qu’en plus on ressorte des vieux stéréotypes japonais comme l’idée de la famille idéale pour faire passer sa petite opinion politique, c’est carrément nauséabond. Le seul ici qui ait adopté un ton moralisateur, c’est toi. Tout ça pour évoquer un sujet sans aucun rapport (la théorie du genre, sérieusement ?).
      Donc primo, si la famille est encore une valeur prépondérante dans les esprits japonais, dans les faits ce n’est plus le cas.
      Deuxio, oui, beaucoup de femmes sontmalheureuses au Japon. Ce n’est pas un jugement, c’est un fait. Je connais énormément de femmes d’amis japonais qui, lorsqu’elles viennent séjourner en France, pleurent à l’idée de retourner dans leur pays parce qu’elles savent qu’elles vont à nouveau s’y retrouver engluées dans un manque de liberté qui est loin d’être comparable à celui de la femme en France, aussi pressant soit le problème des inégalités hommes/femmes.
      Donc, pour l’amour du cerveau des utilisateurs de ce site, vérifiez ce que vous dites avant de poster ce genre de commentaires. Je déteste réagir comme ça , mais quand je tombes sur des messages de ce niveau, ça chatouille trop.

      • caligula63

        Entièrement d’accord!
        Chaques pays a des moeurs différentes. Le Japon certainement plus que tout autre dû à sa situation géographique (entre autre). Cela fait que certains montrent les japonais du doigt, les autres les adorent, et d’autres s’en foutent royalement.

        Pour ceux qui veulent connaitre/comprendre un peu lieux le Pays du Soleil Levant, en plus de Nippon Connection, ils peuvent consulter la NHK et pléthore d’autres sites disponibles en anglais. C’est ce que je fais…

      • romy berggren

        いつもありがとうございますHajimeさん 。 情報をありがとうございます Hajimeさん 。

    • Jaken-no

      Mais où est-ce que vous voyez une critique du Japon ou un jugement là-dedans ? ça frôle la paranoïa à ce niveau-là !

      C’est un rapport d’une expérience menée au Japon, qui plus est par les Japonais eux-mêmes, suivie d’une observation puis d’une analyse.

      A vous lire, n’importe quel article sur le Japon devrait se contenter de dire “Le Japon c’est génial, c’est une société parfaite. Point barre.”
      Si c’est ce que vous souhaitez, contentez-vous des articles sur Pikachu.

      Qu’est-ce que le Japon a de si sacré pour qu’il soit impossible d’en discuter, d’en évoquer le moindre aspect négatif alors que ça ne gêne personne lorsqu’il s’agit d’un autre pays ?

      Est-ce que vous êtes émerveillé au point d’ignorer que les Japonais eux-mêmes se plaignent de leur Société et la critiquent aussi parfois ?

      Pourquoi le Japon devrait être une société immuable qui n’évolue pas comme n’importe quelle autre ?
      Pour être gardé dans un musée ? Votre musée ?
      Pour satisfaire vos besoin de touriste en quête de sensation, ou vous permettre de mieux vous complaire dans votre nostalgie d’une “France d’antan” qui n’a existé que dans vos fantasmes ? Parce que oui, c’est vous qui venez faire des parallèles et comparaisons avec la France “droit-de-l’hommiste” (mot totalement vide de sens mais qui doit absolument apparaître dans n’importe quel commentaire à tendance conservatrice, extrême-droite).
      Pourquoi toute tradition devrait nécessairement être bonne et conservée ? Oui, même au Japon depuis toujours des traditions se sont créées, d’autres ont disparues (et ils n’ont pas eut besoin de vous pour le faire), le Japon n’est pas apparu de toute pièce tel qu’il est aujourd’hui, ni même tel qu’il était il y a 100 ans.

      Où dans cet article, voyez-vous une tentative de l’occident de donner une quelconque leçon au Japon ??

      Si les Japonais s’interrogent eux-même sur la question c’est bien qu’il y a un malaise ?
      Vous ne croyez pas qu’il puisse y avoir un rapport entre le fait que les époux s’appellent papa, maman et le fait qu’ils n’aient plus aucune relation sexuelle après les enfants ?
      Vous ne croyez pas qu’il y a un malaise quand dans n’importe repas, soirée, les hommes se posent invariablement la question “et toi ? ça fait combien d’années que tu n’as pas touché ta femme ?” et que les réponses sont “4, 5, 7 ans”, que la seule solution qu’ils trouvent pour palier à ce problème soit d’aller voir ailleurs (et qu’ils le disent ouvertement), que les femmes se plaignent que leurs maris ne les touchent plus ?

      C’est peut-être aussi des discussions qu’on n’entend pas qu’on ne vit pas au Japon depuis des années, qu’on ne travaille pas dans une entreprise japonaise, avec des collègues japonais, qu’on n’a pas des ami(e)s japonais proches avec qui l’on passe beaucoup de temps, qu’on n’a pas travaillé 2 ans tous les week-ends dans une nomiya où on peut entendre les hommes discuter entre eux. Et je ne vous en fais pas le reproche mais ayez au-moins l’humilité d’écouter les témoignages d’autres personnes au lieu de seulement vous appuyer sur vos illusions et convictions.

      Et malgré ce que vous essaierez sûrement de me faire dire, oui j’aime le Japon et c’est bien pour ça que j’y reste.

      • Dio Brando

        Pas grande chose a rajouter, tu as dit tout ce que je pense et qui prouve ta longue experience au Japon et pas dans la sphere « tout est beau tout est pikachu » 😉

        On a deja discute de ce sujet sur ce nipponconnection et on retrouve le meme constat sur des forums specialises et, plus concretement, dans la vie quotidienne au Japon.
        Je rajouterai juste que les femmes qui ne veulent plus non plus que leurs maris les touchent ca va aussi dans ce sens la, l’un comme l’autre porte une responsabilite.
        Le but n’est pas dire a chaque article, fait de societe/culturel etc…tel ou tel pays est mieux mais simplement de dresser un constat de la realite du terrain: malgre tous les moyens de communication actuel, au quotidien exprimer sincerement ses ressentiments et ses pensees reste difficile, evasif, partiel, voir inexistant selon les gens…
        Je ne compte pas le nombre de fois ou dans un cafe un couple buvait son cafe glace, chacun son smartphone et se disant 3 mots. Ils sont peut-etre heureux(ou malheureux) ainsi, qui sait?^^

        Une autre realite c’est le nombre de divorces qui baissent apres le pic de 2000 mais c’est en correlation avec la baisse des mariages 😛
        http://www.kekkon-data.net/divoce/cnt/rikon_kensuu.php
        http://www.jili.or.jp/lifeplan/lifeevent/mariage/10.html

      • steph

        Je rejoins ce que dit Jaken-no parce que je suis dans la meme situation que toi.
        Il n’y a rien de mal a constater une realite ou a etre critique, il suffit seulement de le faire bien et d’etre egalement critique sur ces origines. Chaques pays/culutures comportent ses bons et ses mauvais cotes et par ces observations on peut parfois esperer une amelioration non?
        L’article ne me choque pas car malheureusement c’est un fait trop courant ici, mais c’est precisement cela qui me choque et je ne manque pas d’en faire part a mon entourage japonais. Et eux-memes me font part de ce qui les surprend par rapport a la France, d’abord c’est un partage et cela permet parfois de se rendre contre de certaines choses. Je ne vois donc pas ou est le probleme.

      • Hajime

        Bien d’accord pour dire qu’il faut se permettre de critiquer le Japon lorsqu’il y a un problème flagrant qui ne peut pas être justifié par la seule culture. Or, le fait d’appeler les individus selon leur fonction n’est-il pas quelque chose d’anodin au Japon, y compris pour les hommes ? D’ailleurs, si les femmes japonaises sont appelées « maman » par leurs maris, n’appellent-elles pas ces derniers « papa » (j’avoue que je ne me suis jamais posé la question) ? En l’occurence, il me semble que ce dont parle cet atricle est trop ancré dans la culture pour être choquant et criticable. À moins que les Japonaises n’y perçoivent vraiment un malaise auquel elles souhaitent mettre fin, auquel cas on ne peut que reconnaitre que problème il y a.

      • Jaken-no

        C’est quoi un « problème flagrant qui ne peut pas être justifié par la seule culture » et en supposant que cela existe qui serait à même d’en juger ?

         » Or, le fait d’appeler les individus selon leur fonction n’est-il pas quelque chose d’anodin au Japon, y compris pour les hommes ? »
        Si. (ce qui ne veut pas dire non plus que tout le monde le fait, c’est un peu old-school quand même)
        Et en même temps peu après mon premier mariage, mon mari avait commencé à m’appeler “okaasan” comme ça, juste pour rigoler, en ricanant un peu à chaque fois. Ce qui montre bien que même si plutôt anodin ça n’en reste pas moins connoté.

        « D’ailleurs, si les femmes japonaises sont appelées « maman » par leurs maris, n’appellent-elles pas ces derniers « papa » (j’avoue que je ne me suis jamais posé la question) ? »
        Si (c’est dit dans l’article et dans mon commentaire précédent)

        « trop ancré dans la culture pour être choquant et criticable. »
        Qui a dit que ce devait être choquant et critiquable ??

        Faut peut-être regarder un peu plus loin que le bout de son nez et ne pas s’arrêter au fait en lui-même qui a première vue, en effet, n’a rien de gênant. Mais s’interroger sur les conséquences que ça peut avoir. J’ai donné un exemple ou plutôt émis une hypothèse : est-ce qu’il n’y aurait pas un lien entre le fait que la vie sexuelle des couples mariés s’arrêtent quand justement ils commencent à s’appeler comme ça ? Est-ce qu’on peut vraiment avoir envie de rapports sexuels avec une personne qu’on appelle “môman” et qu’on en finit par ne voir plus que par ce rôle ?

        Ensuite ici les gens ne font que commenter un article et s’interroger, personne ne prétend donner de leçons ou de conseils au Japonais, d’autant plus que contrairement à ce que tout le monde semble penser, si, notre avis les intéresse.
        On m’a demandé des tonnes de fois si j’avais une idée du pourquoi les couples mariés devenaient si rapidement “sexless”. (Je donne sûrement l’impression d’insister là-dessus mais le but de l’expérience menée par Pola semblait quand même bien être de raviver la flamme dans les couples en voyant ce qu’il se passait si les maris se remettaient à appeler leurs épouses par leur prénom, comme au début de leur relation).
        Et puis parfois un oeil extérieur peut permettre de réaliser des choses qu’on a du mal à discerner quand on est en plein dedans.

      • Hajime

        Pour la question des Japonais qui ne touchent plus leur femme, la cause qui avait été identifiée était effectivement liée au statut maternel/paternel, à savoir que le mari tend, après le mariage, à percevoir sa femme non plus comme un partenaire sexuel mais comme une « épouse modèle » et une mère avant tout (et inversement pour la femme). Mais c’est un phénomène qui existe également en occident, quoique moins développé, et je pense que le fait d’appeler sa femme « oka-san » n’est pas une cause du problème, mais plutôt une conséquence. Quant au fait que le phénomène soit particulièrement visible au Japon, je pense que le « jeu de rôle social » y est bien plus fort qu’ailleurs. C’est tout de même l’un des rares pays à avoir défini des concepts comme le soto-uchi ou le honne-tatemae.

        Quand je parlais de problème reconnu universellement et hors de la culture, je faisais allusion, par exemple, à la maltraitance des enfants japonais : il me semble que rien dans la cultire japonaise ne promeut cette maltraitance, qu’on pourrait remèdier au problème, et donc que des citoyens d’un autre pays peuvent sans risque dire le phénomène est anormal et doit être combattu. Alors que cela devient bien plus difficile de formuler une critique face à quelque chose comme la chasse à la baleine, qui est certes condamnable d’un point de vue écologique, mais qui est une activité qui s’inscrit, si j’ai bien compris, dans le cadre de la tradition. C’est un peu comme si on venait nous réprimander sur la chasse en France, à la différence que celle-ci fait l’objet de quotas (JE NE CHERCHE PAS A LANCER UN DÉBAT SUR LA CHASSE À LA BALEINE OU SUR LA CHASSE EN FRANCE, ceci est un exemple, merci aux polémistes de se retenir).

        Je m’excuse d’avoir posé la question quant à la façon dont on nomme les maris japonais. Le fait que l’article et ton commentaire y répondent m’a échappé, mea culpa.

        Enfin, est-ce que l’on pourrait s’il vous plait éviter les expressions un peu hautaines comme « faudrait peut-être regarder un peu plus loin que le bout de son nez » lorsque l’on échange ? À quelques exceptions près qui me mettent en rage, la plupart des gens sur ce site sont disposés à avoir des conversations ouvertes et constructives, où l’on échange des opinions sans chercher à montrer que l’on a plus raison que l’autre. Il me semble que ce genre d’expressions contribuent seulement à envenimer le débat. En plus, c’est pô gentil.

    • Bluebird

      Ici, on ne parle pas du bonheur des femmes ou pas, mais puisque certains en parlent, je pense que oui, (en général bien sûr car, beaucoup de femmes se plaisent dans leur situation actuelle) les femmes sont plus heureuses en France, simplement parce qu’elles peuvent exister.
      Alors, encore faut il être une femme pour le comprendre, ou être ouvert et compréhensif. Le problème de la France, c’est que personne n’est conscient de la chance qu’il a. (Mais peu importe ce n’est pas le sujet)

      Il faudrait vraiment arrêter de voir le mal partout, et comme le dit si bien Jaken no, le Japon aussi évolue et doit évoluer, c’est dans l’ordre des choses.

      • Greg

        Le pays évolue dans le sens logique de la politique japonaise, fortement influencée par les idées occidentales. Les dirigeants du pays ont bien compris que l’un des meilleurs moyens d’améliorer l’économie japonaise se trouve dans la mise en avant de l’individu, et notamment la femme. Ce concept fantastique génère des milliards de dollars de profits, et personne ne peut s’opposer à l’idéologie qui va avec, à savoir la liberté, l’égalité, la condition féminine, etc.

        Ici le fait que ce soit une entreprise de cosmétiques qui déplore « le manque d’individualité » des Japonais est particulièrement savoureux, car cela illustre parfaitement le double jeu qui se tient entre la promotion de l’individu et la marchandisation de celui-ci.

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