Le conglomérat industriel japonais Hitachi, désireux de se développer dans le nucléaire mais bloqué au Japon, a annoncé mardi la reprise du projet Horizon Nuclear Power de construction de centrales nucléaires en Grande-Bretagne, abandonné par ses actionnaires allemands.

Hitachi va acheter la société Horizon Nuclear Power qui portait ce projet à ses deux actionnaires, E.ON et RWE, respectivement numéros un et deux allemand de l’énergie, pour 696 millions de livres sterling au total (865 millions d’euros), selon les vendeurs.

La transaction devrait être finalisée fin novembre et Hitachi commencera alors un programme de construction de nouvelles centrales en Grande-Bretagne, a indiqué le groupe japonais dans un communiqué.

Hitachi a sur ce point signé des protocoles d’accord avec deux autres firmes britanniques, Babcock International et Rolls-Royce, pour l’aider dans ses projets.

« Aujourd’hui démarre notre engagement pour 100 ans en Grande-Bretagne au service de son objectif d’obtenir une source d’énergie à long terme, sûre, peu riche en carbone et bon marché », a déclaré le PDG de Hitachi, Hiroaki Nakanishi.

Hitachi avait indiqué en juin viser un doublement de ses revenus tirés de l’activité des équipements de centrales nucléaires d’ici à 2021, pariant notamment sur l’augmentation de la demande à l’étranger, malgré la catastrophe de Fukushima.

A la suite du séisme de magnitude 9 et du tsunami géant, la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, située à 220 km au nord-est de Tokyo, a été gravement accidentée, entraînant l’évacuation d’une centaine de milliers de personnes et la suspension de quasiment tous les réacteurs du pays.

Le marché nucléaire japonais étant désormais bloqué, Hitachi doit chercher à l’international son potentiel de croissance dans le secteur. Le marché nucléaire britannique, devenu de facto un des principaux en Europe, constitue une cible de choix.

 

 

Horizon –qui possède les terrains pour construire deux nouvelles centrales nucléaires au Pays de Galles et près de Bristol (sud-ouest de l’Angleterre) pour un investissement de près de 18 milliards d’euros– était à l’origine un projet d’E.ON et RWE.

Mais les géants allemands ont décidé fin mars de le céder après la décision de l’Allemagne de sortir progressivement du nucléaire d’ici à 2022, à la suite de l’accident de Fukushima.

« La vente de notre participation dans Horizon est une nouvelle étape importante dans notre programme de désinvestissement. La Grande-Bretagne continuera bien entendu d’être un de nos principaux marchés », mais pour les centrales électriques et les énergies renouvelables, a déclaré Leonhard Birnbaum, du comité de direction de RWE.

« Avec la vente de cette participation, RWE n’a plus de projets en cours à l’échelon national ou international dans le secteur de l’énergie nucléaire », a ajouté RWE dans un communiqué.

Le programme de Hitachi Horizon comprendra la construction de deux à trois centrales de 1.300 MW sur chacun des sites (Pays de Galles et sud de l’Angleterre), et la première unité devrait être opérationnelle lors de la première partie de la décennie 2020.

 

Le groupe japonais prévoit la création de 5 à 6.000 emplois directs sur chaque site pendant la phase de construction et un millier d’emplois permanents une fois les centrales entrées en fonction.

Hitachi a par ailleurs fait état mardi d’une baisse de moitié de son bénéfice net au deuxième trimestre de l’exercice en cours, à 23 milliards de yens (230 millions d’euros), et d’un repli de son chiffre d’affaires de 7,7%.

Le groupe diversifié nippon a expliqué avoir subi l’impact du ralentissement économique mondial et de pertes dans certaines de ses filiales, dont Renesas, premier fabricant nippon de semi-conducteurs.

Pour l’ensemble de l’exercice d’avril 2012 à mars 2013, il a maintenu intactes ses prévisions, tablant sur un bénéfice net d' »au moins 200 milliards de yens, pour la troisième année consécutive ».

Les activités de Hitachi vont des composants électroniques aux équipements lourds pour centrales nucléaires, en passant par les machines industrielles et les appareils numériques ou électroménagers grand public.

 

 

Source: La voix du nord

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