Le groupe japonais Hitachi, qui a acquis des terrains en Grande-Bretagne pour y construire des centrales nucléaires, est désormais beaucoup plus réservé et exige des conditions acceptables pour investir dans l’atome outre-Manche, a indiqué un de ses dirigeants dans le Daily Telegraph lundi.

 

Nous sommes toujours engagés dans ce programme mais nous sommes un groupe privé. Nous ne sommes pas pieds et mains liés. Sans un plan acceptable, nous ne pouvons pas investir, a déclaré au quotidien conservateur britannique un haut dirigeant d’Hitachi, sous couvert de l’anonymat.

Le groupe japonais suit donc très attentivement les négociations en cours entre le gouvernement britannique et EDF sur le mécanisme devant garantir la rentabilité des projets de construction de centrales EPR du Français, a ajouté le dirigeant d’Hitachi.

Mi-février, le PDG d’EDF, Henri Proglio, avait fait monter la pression sur le gouvernement britannique de David Cameron en avertissant que son groupe ne lancerait pas ses projets d’EPR sans un accord favorable sur un contrat de garantie des recettes.

Hitachi a racheté l’an dernier aux groupes allemands E.ON et RWE pour environ 700 millions de livres la société Horizon Nuclear Power qui possède deux sites au Pays de Galles et dans le sud-ouest de l’Angleterre où le groupe japonais envisage de construire deux centrales nucléaires comptant chacune deux ou trois réacteurs.

Mais depuis le bouclage de cette opération en novembre, Hitachi a moins besoin de chercher des débouchés à l’étranger dans le nucléaire en raison de l’arrivée d’un gouvernement pro-atome au Japon, note le Daily Telegraph.

Alors que son prédécesseur voulait éliminer le recours au nucléaire d’ici 2040, le nouveau Premier ministre de droite Shinzo Abe, arrivé au pouvoir fin décembre, a en effet indiqué que cette énergie était économiquement indispensable au Japon et prôné la réactivation de tous les réacteurs qui seront jugés sûrs, voire la construction de nouveaux si besoin.

Le programme britannique de remplacement des centrales nucléaires porte sur la construction d’au moins dix réacteurs, de sorte que le pays fait figure de principal marché en Europe pour l’industrie du secteur depuis la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011, mais il fait toujours face à de multiples doutes sur son financement.

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