La France n’a jamais emprunté à des taux aussi bas… grâce à la banque centrale du Japon.

 

De quoi donner de l’air à François Hollande qui vit des heures difficiles en France et en Europe, et qui voit ainsi le service de la dette s’alléger. D’autant plus que la tendance pourrait être durable.

François Hollande peut dire merci à Shinzo Abe, le premier ministre japonais. Critiqué pour ses prévisions de croissance par le Fonds monétaire international et la Commission européenne, repris sur ses prévision de déficit public et éclaboussé par l’affaire Cahuzac, le président de la République vit des heures difficiles. Heureusement pour lui, il peut compter sur un vent d’air frais venu d’Asie.

 

La France emprunte au taux le plus bas de son histoire

 

Le 4 avril dernier, jour où la banque centrale japonaise (BoJ) a annoncé son plan d’assouplissement monétaire et ses achats massifs de titres pour lutter contre la déflation, le taux du 10 ans français a chuté.

Dans la journée, il est passé d’un rendement de 1,98% à un rendement de 1,76%. Le 8 avril, il avait entamé la séance à 1,71%. Son plus bas historique.

Ce bol d’air vient du fait que les investisseurs nippons ont anticipé l’afflux de liquidités et recherchent des rendements supérieurs au moins de 1% offert par le 10 ans japonais. Ils se sont donc reportés sur des investissements plus risqués.

 

Une alternative à l’Allemagne rentable et sérieuse pour les Japonais

 

Si ce mouvement a bénéficié à l’ensemble des pays européens, même ceux du sud car les marchés ont vu dans la politique de la BoJ un moyen de les sortir du marasme, la France en a particulièrement tiré profit.

Les raisons ? Notamment parce que les investisseurs japonais sont des acheteurs traditionnels de titres français.

En 2012, les achats nets d’obligations de l’État français se sont élevés à environ 40 milliards de dollars. Ce qui n’est pas le cas de pays comme l’Espagne et l’Italie dont les achats de titres par les japonais sont habituellement presque nuls.

Mais aussi parce que la France est perçue comme une alternative à l’Allemagne offrant des rendements plus élevés tout en étant encore un investissement sûr et liquide.

 

Allègement potentiellement durable du service de la dette

 

Une bonne nouvelle pour François Hollande donc, qui verra ainsi le service de la dette française s’alléger de plusieurs milliards d’euros.

D’autant plus que la tendance pourrait être durable. Ainsi un sondage de la banque Barclay’s cité par le Wall Street Journal relève-t-il que 47,8% des investisseurs nippons pensent que la France continuera à bénéficier de l’appétit japonais pour ses titres. Contre 13% pour l’Italie et l’Espagne.

L’effet sur les pays d’Europe du sud pourrait donc s’estomper, alors que la France semble pour l’heure protégée par l’action de la BoJ… celle-ci n’a pourtant pas encore réellement démarré.

 

 

Source: La tribune

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