Le Japon et les Etats-Unis ont appelé ce  mardi le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à lancer une grande enquête sur les allégations de violation des droits de l’homme en Corée du Nord, notamment sur la torture de prisonniers politiques.

 

Les camps de prisonniers nord-coréens renfermeraient près de 200.000 personnes et le viol, la torture, les exécutions sommaires et le travail forcé y seraient monnaie courante, avait déclaré le mois dernier la Haute Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay.

Elle a appelé ce mardi le Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU, qui a entamé lundi une session de quatre semaines, à enquêter sur des cas probables de «crimes contre l’humanité» dans «l’un des pays au monde où la situation des droits de l’homme est la plus grave, mais aussi la moins comprise et la moins documentée». Pyongyang a démenti ces accusations.

 

La Chine tentée d’opposer son veto?

 

Le Japon et l’Union européenne vont soumettre une résolution conjointe pour demander une enquête, a par ailleurs déclaré Toshiko Abe, vice-ministre parlementaire japonais pour les affaires étrangères.

«Le large soutien apporté à cette résolution par la communauté internationale permettra d’envoyer un message fort à la RPDC», République populaire démocratique de Corée, a-t-il déclaré dans un discours devant le CDH.

La résolution devrait être facilement adoptée. Il reviendra ensuite au président du Conseil des droits de l’homme de désigner une équipe d’enquêteurs.

L’inquiétude vis-à-vis des violations des droits de l’homme dans ce pays pauvre et secret dure depuis des années, mais a été éclipsée par la crainte de voir la Corée du Nord se doter de l’arme nucléaire.

Une équipe d’enquêteurs internationaux pourrait en théorie fournir une base juridique suffisante au Conseil de sécurité de l’ONU pour traduire Pyongyang devant la Cour pénale internationale.

Même si la Chine pourrait être tentée d’opposer son veto à une telle initiative, le témoignage des réfugiés nord-coréens pourrait appuyer avec succès le dossier d’accusation.

«Ce serait la première fois que l’ONU serait capable d’intervenir pour réaliser une grande enquête en mandat propre sur les violations systématiques des droits de l’homme et les crimes contre l’humanité en Corée du Nord», a déclaré Julie de Rivero de l’organisation Human Rights Watch.

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