Deux militaires américains accusés du viol d’une Japonaise à la mi-octobre ont été mis en examen mardi par un tribunal japonais sur l’île d’Okinawa (sud du Japon), ont indiqué des médias.

 

Le procureur d’Okinawa a inculpé le matelot Christopher Browning et le quartier-maître Skyler Dozierwalker, tous deux âgés de 23 ans, de «viol et blessures», selon l’agence de presse Jiji.

Christopher Browning a également été accusé d’avoir volé de l’argent à leur victime, a ajouté l’agence selon laquelle les deux marins ont reconnu le viol durant leur interrogatoire. Ces informations n’avaient pu être confirmées officiellement mardi en fin d’après-midi.

En cas de condamnation, les deux hommes risquent au minimum 4 ans de prison. Suite à cette affaire, l’armée américaine avait imposé un couvre-feu à ses 47 000 soldats stationnés au Japon, pour une durée indéterminée. Quelque 22 000 soldats américains sont basés à Okinawa, à l’extrême sud de l’archipel, où la population se plaint régulièrement des nuisances et de l’insécurité entraînées par cette présence militaire massive.

 

Manifestations anti-américaines

 

Malgré ce couvre-feu, une nouvelle affaire embarrassante s’est produite début novembre, et toujours à Okinawa : vendredi dernier, la police locale a indiqué qu’un soldat américain de 24 ans avait giflé un adolescent dans un appartement au-dessus d’un bar du village de Yomitan, au nord de Naha, la capitale de la préfecture d’Okinawa.

Le militaire ivre et agressif était monté dans un appartement au deuxième étage. Après avoir giflé un garçon et détruit une télévision il avait sauté par la fenêtre et avait été hospitalisé dans un établissement médical américain.

Le ministre des Affaires étrangères Koichiro Gemba avait immédiatement parlé d’un incident «inexcusable» tandis que l’ambassadeur américain John Roos a été convoqué à la chancellerie et s’est déclaré «absolument scandalisé» au sortir du ministère japonais.

Ces incidents ne font qu’accroître l’exaspération des populations locales et un fort sentiment anti-américain sur l’île. Ainsi, en septembre dernier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour protester contre le déploiement de l’avion militaire américain Osprey, après plusieurs accidents impliquant cet appareil à l’étranger.

Douze de ces appareils de transport à décollage vertical ont été déployés en juillet au Japon. Ils sont censés être utilisés à partir du mois d’octobre depuis Funtenma, à Okinawa, où la présence militaire américaine suscite depuis des années la grogne d’une partie de la population.

Stratégiquement placée à portée de la Chine, de Taïwan et de la péninsule coréenne, Okinawa abrite plus d’une trentaine d’installations militaires américaines sur un territoire réduit.

 

 

 

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