Des chirurgiens japonais ont réussi à greffer des vaisseaux sanguins d’autruches sur des porcs. Les premiers résultats sont encourageants et devraient mener à des essais sur l’homme.

 

Des chercheurs japonais ont mené une expérience chirurgicale pour le moins étonnante, en procédant à des pontages artériels sur des porcs grâce à des vaisseaux sanguins… d’autruches ! Le cochon, dont l’anatomie est assez proche de l’homme, est le dernier cobaye avant des essais cliniques, qui devraient être réalisés d’ici trois ans.

Si ces chercheurs ont tenté l’expérience, c’est pour tenter de pallier les nombreux problèmes techniques rencontrés lors d’un pontage – opération chirurgicale qui vise à remplacer une artère abimée par un greffon. Les vaisseaux de remplacements doivent être longs et étroits et sont donc souvent prélevés directement sur le patient lui-même. Problème : c’est une mutilation de plus pour le malade et les endroits adéquats pour procéder à un tel retrait sont assez rares.

 

Autruche : des artères longues et étroites

 

Quant au procédé utilisant des vaisseaux animaux ou en résine synthétique, celui-ci est toujours au stade expérimental, car ces artères se bouchent facilement et doivent faire au moins 4 mm de diamètre, ce qui est bien trop large pour être greffé à une artère humaine. Au final, l’équipe de Tetsuji Yamaoka, spécialisée en ingénierie biomédicale au Centre de recherche cérébrale et cardiovasculaire de Suita (Japon), a eu l’idée d’utiliser des artères prélevées sur des autruches.

« Les autruches fournissent de bonnes artères longues et étroites », confirme le professeur Yamaoka. En effet, avec leur 2 mm de diamètre, leur 30 cm de longueur et étant parsemées de molécules prévenant la formation de caillots, ces artères sont plus facilement transportables. Sur les six porcs ayant reçu un greffon, cinq pontages fémoraux ont été réalisés avec succès. « Le sang a circulé sans problème, sans que les scientifiques n’aient ajouté d’agents anticoagulants ». Ces résultats prometteurs devraient encourager les chercheurs à poursuivre leurs travaux et à débuter les tests cliniques d’ici quelques années.

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