Le plus ancien exemple de miroir magique connu du Japon a été découvert grâce à des tests sur des fac-similés. Ces miroirs projettent un reflet sur lequel on voit clairement l’empreinte d’une gravure située derrière la partie réfléchissante.

 

L’archéologie ne manque décidément pas de découvertes éblouissantes. Le musée national de Kyoto a annoncé le 29 janvier que deux miroirs de ses collections seraient en fait des « miroirs magiques ».

Ces derniers ressemblent à des miroirs normaux mais, éclairés à la lumière du soleil, ils projettent un éclat sur lequel est imprimé une gravure présente à l’arrière du miroir (vidéo ci-dessus).

La découverte a été rapportée par la version anglaise du Ashahi Shimbun, un des principaux quotidiens japonais. Les deux miroirs en question sont liés à la reine Himiko, qui a dirigé la région du Yamatai au Japon entre 189 et 248.

D’une taille de 21 et 24 centimètres, ils ont été découverts dans la tombe Higashinomiya près de Nagoya au Japon. Stylistiquement parlant, ils font partie des miroirs en cuivre et en étain dits Sankakubuchi Shinjukyo. Ils sont ainsi caractérisés par des gravures de créatures fantastiques.

 

Un don d’un empereur chinois ?

 

Plus de 500 miroirs de ce type ont été découverts au Japon. Certains portent l’équivalent de la date 239 gravés sur eux.

Cela correspond à l’envoi, selon une chronique chinoise, de 100 miroirs de bronze de la part d’un empereur chinois à un émissaire de la reine Himiko. Ryu Murakami, du musée de Kyoto, a fabriqué deux répliques de ces miroirs grâce à une imprimante 3D.

C’est à partir de ces derniers qu’il a pu tester son hypothèse. « Quelqu’un [à l’époque] s’est aperçu du phénomène [à l’origine des miroirs magiques] et s’est mis à façonner volontairement les miroirs de cette façon, explique-t-il à l’Ashahi Shimbun. Je pense qu’ils étaient liés à un culte du soleil ».

 

Des icônes secrètes

 

Le chercheur, spécialisé en matériaux anciens, souhaite à présent étudier d’autres miroirs afin de voir s’ils sont aussi « magiques ».

« Cette découverte pourrait redéfinir le rôle des miroirs dans les rituels anciens, complète Shoji Morishita, professeur d’archéologie à l’université d’Otemae. Parfois, des dizaines de miroirs sont retrouvés dans un même tumulus.

En théorie, il n’est pas difficile d’imaginer qu’ils aient été alignés pour projeter une série d’images ». D’origine chinoise, ces miroirs ont été rendus populaires bien plus tard au Japon.

Comme le rappelle l’Asahi Shimbun, les chrétiens de l’archipel s’en servaient du XVIIe au XIXe siècle pour cacher les icônes religieux devant lesquelles ils priaient. Le christianisme était en effet puni de mort à certaines périodes.

 

 

Source: Gentside

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