Lancée en 1971, elle a conquis la planète : la nouille instantanée fait un carton.

 

Comme son père, mon fils adore les nouilles instantanées ! » En bonne mère de famille, Akiko Fukai en a toujours à la maison.

A 6 ans à peine, son fils Yugo est déjà un inconditionnel des « Cup Noodles », qu’il peut avaler en moins de temps qu’il n’en faut pour les préparer : trois minutes, après y avoir ajouté de l’eau chaude.

Dans un pays où le « ramen » (bol de nouilles dans une soupe à base de viande) est une véritable institution, cette marque de pâtes express, propriété de Nissin Foods, est devenue incontournable.

Née du génie de Momofuku Ando, fondateur de l’entreprise en 1948, l’histoire du produit est intimement liée à celle du Japon de l’après-guerre.

C’est en observant ses compatriotes, en proie aux privations, faire la queue pour une simple ration de nouilles, qu’Ando a l’idée de développer des aliments bon marché, faciles à consommer.

Il invente tout d’abord les « Chicken Ramen », des petits carrés de nouilles lyophilisées en sachet, prêtes en un clin d’œil après les avoir plongées dans de l’eau bouillante.

Lorsqu’elles sont lancées en 1958, le concept est révolutionnaire, et le succès immédiat.

Puis viennent les fameuses « Cup Noodles » en 1971, encore plus pratiques dans leur gobelet en polystyrène, et qui feront sa fortune.

Aujourd’hui disparu, Momofuku Ando reste l’un des patrons les plus emblématiques du Japon moderne, avec ceux de Toyota ou de Sony. Ses « Cup Noodles » sont aujourd’hui vendues dans le monde entier : de la Chine aux Etats-Unis, en passant par la Russie et le Mexique.

 

De la cabane au musée

 

La marque a même son musée à Yokohama près de Tokyo. Un vaste bâtiment design flambant neuf, tout à la gloire des célèbres nouilles et de son fondateur.

La visite commence par la genèse de l’entreprise et de ses produits phares. Dans une salle, la cabane dans laquelle Ando a mis au point son procédé est reproduite au détail près.

Dans les étages supérieurs, place aux travaux pratiques avec la « Cup Noodles Factory » où l’on peut composer son propre gobelet de nouilles.

Entre le choix des saveurs et celui des garnitures : pas moins de 5 460 combinaisons possibles, précise le fabricant !

L’endroit est pris d’assaut par les groupes d’écoliers, comme pour mieux préparer les consommateurs de demain.

Parmi les rares étrangers à visiter l’endroit : Bill, un américain du Kansas venu avec ses deux enfants de 8 et 12 ans. « C’est bondé, bruyant, mais très bien organisé » , reconnaît-il.

Et d’ajouter : « Aux Etats-Unis, ça ne serait pas aussi drôle ! » Et c’est là tout le génie de Nissin : arriver à faire d’un produit commercial un divertissement à part entière.

Résultat : quarante-deux ans après le lancement des « Cup Noodles », Nissin revendique 40 % de parts de marché au Japon.

Au total, « près de trente-deux milliards d’unités sont écoulées chaque année à travers le monde » , clame fièrement Kaori Sasaki, porte-parole de l’entreprise. Une domination qui fait plus d’un envieux.

Positionné sur le même créneau : Sanyo Foods et ses « Cup Stars ». Des copies conformes de l’original, mais en gobelet papier, plus écolo.

Aux dires de Naoki Fukui, directeur du marketing du groupe, « leur goût est encore plus proche de celui du vrai ramen » .

Ces nouilles sont surtout vendues 20 à 30 % moins chères que leurs rivales, un argument choc pour les plus jeunes au budget serré.

 

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Source: Lalibre.be

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