Ces dernières années, les pirates aux larges des côtes somaliennes étaient un grave problème. Armés de fusils et de lance-roquettes, ils n’hésitaient pas à attaquer et à détourner des navires. Leur influence affecta même l’économie mondiale.

 

Alors que 49 navires ont été capturés en 2010 en Somalie, ce nombre est passé à 0. Mais comment ces actes de piraterie, qui faisaient la une des journaux, ont-il-pu s’arrêter ?

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Nombre de navires capturés. La courbe de la Somalie est affichée en bleue

Pour trouver la réponse, il faut se tourner vers Kiyoshi Kimura, qui n’est ni politicien ni militaire, mais simple gérant d’une chaîne de restaurants.

Kiyoshi Kimura est le président de « Sushizanmai », une chaîne de restaurants de sushi bien connue au Japon. Il fait également partie de ces personnes qui ont grandement contribué à la disparition de la piraterie au large des côtes de la Somalie.

Kimura est connu au Japon pour son côté extravagant, notamment lorsqu’il effectue des shows de découpage de thon ou qu’il achète le premier thon de l’année à un prix très élevé.

Alors que ses apparitions en public déplaisent à certains, selon ses employés, il s’agit d’un président actif, à l’écoute du personnel et qui n’hésite pas à se rendre de bonne heure dans les ports de pêche afin de choisir du poisson.

Photo prise au port de pêche de Shimonoseki. Le Président Kimura observe tous les poissons pêchés. Ceux qu'il achète pourraient se retrouver dans un restaurant Sushizanmai près de chez vous.

Kimura achète du poisson pour ses restaurants au port de pêche de Shimonoseki.

Il s’avère que les côtes somaliennes sont une zone idéale pour la capture de thons jaunes, mais en raison du nombre élevé de pirates dans la région, très peu de pêcheurs s’y rendaient.

Afin de trouver un terrain d’entente, Kimura a utilisé ses relations afin de rentrer en contact avec les pirates.

Kimura découvrit qu’ils étaient devenus pirates suite à la perte de leurs maisons lors de la guerre civile et qu’ils avaient besoin de trouver un moyen de gagner leur vie.

Kimura a alors suggéré aux pirates de gagner de l’argent en pêchant des thons dans la zone où ils attaquaient les navires. Kimura leur a fourni des bateaux et leur a enseigné les compétences requises pour la pêche au thon. Il a également aidé à ce qu’ils rejoignent la CTOI (Commission des thons de l’océan Indien).

Bien sûr, ses efforts n’ont pas été le seul facteur ayant permis la disparition de la piraterie en Somalie, mais il est difficile d’ignorer ses actes.

Ainsi en 2013, Kimura a reçu une médaille du gouvernement Djiboutien pour ses efforts.

L’approche pacifiste de Kimura a permis d’écouter les pirates et de créer une situation bénéfique pour les deux parties, que ce soit pour les Somaliens et l’industrie de la pêche au thon.

Bien que nous ne soyons pas en mesure de nous prononcer sur l’efficacité de la force militaire, cette histoire suggère que de nombreuses problématiques peuvent être améliorées voire résolues si elles étaient abordées d’une façon différente.

 

Voici des photos de Kimura de Sushizanmai, au moment où il a reçu une médaille du gouvernement djiboutien. Je suis surpris lorsque je vois le peu de personne au courant de ses actes qui ont permis de désarmer les pirates aux larges des côtes somaliennes.

Discussions

Une réponse

  1. Billal Jaouadi

    C’est drôle quand même on viens chez vous on vois vole votre poissons et après on parle de piraterie. J’ai beaucoup de respect pour les japonais mais question poisson et surtout les massacres des baleines et la sur pêche du thon rouge par les japonais me fais vomir. Alors svp ne parlez pas de poison et le Japon

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