Une frégate chinoise aurait visé un bâtiment nippon, la semaine dernière au large des îles contestées Senkaku-Diaoyu, en mer de Chine méridionale. Depuis plusieurs semaines, les postures guerrières se multiplient.

 

Entre démonstrations de force et posture nationaliste, la Chine et le Japon n’en finissent plus de multiplier les démarches guerrières au large des îles contestées de mer de Chine méridionale.

Mardi, le ministre japonais de la Défense affirmait qu’une frégate chinoise aurait visé un bâtiment de la marine nippone à l’aide d’un radar de contrôle de tir afin de l’immobiliser.

Selon Itsunori Onodera, un hélicoptère militaire aurait subi le même sort.  « Se servir de ce type de radar est tout à fait anormal, a-t-il commenté, et cela pourrait créer une situation très dangereuse à la moindre erreur ».

L’ambassadeur chinois à Tokyo a par ailleurs été convoqué au ministère des Affaires Etrangères afin de s’expliquer après l’incursion de bateaux gouvernementaux chinois autour des îles Senkaku-Diaoyu, inhabitées mais nationalisées par Tokyo en septembre.

Face aux récurrentes irruptions de navires ou d’avions chinois, le Japon a annoncé qu’il constituerait une force spéciale de 600 hommes et 12 navires dans le but de surveiller les îles.

 

Fortement dépendantes, les deux premières économies d’Asie ne peuvent pourtant se permettre de voir le conflit autour de ce chapelet d’îles dégénérer malgré leur potentiel en hydrocarbure, la réserve de pêche et la voie maritime essentielle qu’elles constituent.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires Etrangères, Hua Chuning, assurait que les deux pays devaient « surmonter les difficultés » et « éliminer les perturbations ».

En ne se privant toutefois pas de rappeler que son voisin devait regarder « son histoire et la réalité en face » en référence au passé expansionniste du Japon qui mena au désastre à l’aube de la Seconde guerre mondiale.

Ce nouvel incident intervient au moment où Shinzo Abe, le nouveau premier ministre conservateur japonais, considéré comme un faucon, multiplie les déclarations provocatrices à l’égard de la révision de la Constitution pacifique et de l’augmentation des budgets militaires.

« Les provocations se poursuivent à l’encontre des terres, eaux et airs appartenant à notre pays, ainsi que vis-à-vis de sa souveraineté », a –t-il déclaré, samedi.

Avant de poursuivre sur un ton martial : « je suis déterminé à rester en première ligne devant vous tous et à affronter la crise qui est là, pour protéger à tout prix la vie de nos populations et des biens ainsi que les terres, l’espace aérien et les eaux territoriales de notre pays ».

Si Shinzo Abe dépeint un Japon menacé, la Chine n’est pas en reste. Le journal chinois, Global Times, assurait récemment qu’un « dérapage militaire est maintenant plus que probable. Il faut nous préparer au pire ».

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