Cela fait partie de ces drames silencieux, presque inaperçus: trois Français se sont suicidés au Japon en l’espace de quelques mois ces dernières années apparemment parce que leurs ex-femmes japonaises les avaient totalement coupés de leurs enfants.

 

Seul pays membre du G8 à ne pas avoir ratifié la Convention de La Haye sur les enlèvements d’enfants, le Japon semble enfin en passe de le faire. Selon des diplomates, la ratification pourrait être votée avant la fin de l’actuelle session parlementaire.

Lorsqu’il arrivera vendredi à Washington pour rencontrer Barack Obama, le Premier ministre japonais Shinzo Abe aura vraisemblablement en poche la promesse de cette ratification attendue depuis des années par Washington et de nombreux pays, dont la France et le Canada.

Actuellement les Etats-Unis ont une centaine de dossiers d’enlèvements, le Canada 39 et la France 33. « Ce sont seulement les cas déclarés », précisait récemment à l’AFP le sénateur français Richard Yung, de passage à Tokyo pour mettre la pression. Très impliqué, M. Yung a vu un vice-ministre des Affaires étrangères mais le ministre de la Justice a refusé de le rencontrer.

Actuellement, selon des spécialistes, les tribunaux japonais ordonnent au maximum au parent « kidnappeur » d’envoyer « trois photos par an » du ou des enfants, ou une rencontre très encadrée de deux heures par mois.

Une situation que vivent aussi au quotidien des dizaines de milliers de pères japonais de l’archipel où la garde alternée n’existe pas: même si cette ratification ne les concerne pas directement, ils espèrent qu’elle va faire bouger les choses dans ce pays où dans 90% des séparations les enfants vont à la mère, condamnant les pères à ne jamais les voir ou presque. Rien que de très logique selon les juges: au Japon c’est la mère qui élève les enfants, les pères se contentant de faire « bouillir la marmite ».

 

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