Takeji Muno, un centenaire, a enfin pu recevoir son diplôme universitaire, 79 ans après qu’une tentative de coup d’état survenue dans la capitale l’en ait empêché.

 

Cet ancien journaliste a déclaré avoir été touché par l’engagement de l’Université de Tokyo des études étrangères, qui a remplacé l’institution où il étudiait à l’époque. Celle-ci n’a pas hésité à le soutenir malgré les années passées.

« Je pense que les gens auront envie de suivre la bonne direction lorsqu’ils sauront que certains établissements n’hésitent pas à délivrer un diplôme 80 ou 100 ans plus tard », a déclaré le centenaire lors d’une cérémonie spéciale organisée le 31 octobre.

Hirotaka Tateishi, président de l’université, qui a remis le diplôme à Muno était de 36 ans son cadet.

La cérémonie, tenue à Fuchu dans la banlieue de Tokyo, fut organisée pour toutes les personnes n’ayant pas reçu leur diplôme en raison de la guerre.

Pour cette année, marquant le 70e anniversaire de la fin de la guerre, l’université a conçu un programme pour les diplômés de 1944 à 1946.

Cinq autres personnes ayant obtenu leur diplôme avant 1944 ont également pu le recevoir. Le plus jeune des six était âgé de 91 ans. Leurs diplômes portent un sceau utilisé à l’époque.

Muno, originaire de la préfecture d’Akita, s’est inscrit à l’université en Avril 1932 et s’est spécialisé en espagnol.

Quand le coup d’état, connu comme « les incident du 26 février », a éclaté dans le centre de Tokyo en 1936, il se préparait pour son examen de fin d’études.

Lors de cet incident sanglant, des jeunes officiers radicaux de l’armée impériale japonaise ont tenté de renverser le gouvernement. Bien qu’ils aient assassiné plusieurs hommes politiques, ils ont échoué à tuer le Premier ministre et à atteindre leur objectif. Les coupables se sont rendus trois jours plus tard.

A l’époque, les étudiants tels que Muno ont été tenus à l’écart de l’université, qui était située à proximité du Palais impérial. La zone était alors encadrée par des troupes armées. Les retombées de la tentative de coup d’état ont alors touché Tokyo.

Muno, qui réside à Saitama, a travaillé comme journaliste indépendant après avoir quitté le journal Asahi, le 15 août 1945, le jour où l’empereur a annoncé la capitulation du Japon.

Muno, qui avait couvert de nombreuses batailles en tant que correspondant, a décidé de quitter le quotidien afin de prendre ses responsabilités pour les nombreux articles de propagandes qu’il avait écrit, faisant croire aux lecteurs que le Japon gagnait la guerre.

Le journaliste pense que le Japon n’a pas encore pris conscience des conséquences de la guerre en 70 ans. Il estime que l’université devrait contribuer aux efforts visant à empêcher une Troisième Guerre Mondiale, en éduquant la jeunesse.

 

Source : Asahi Shimbun

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