Le Bureau de Stratégie Spatiale a publié le 12 septembre 2012 une compilation des demandes de budget pour les activités spatiales des différents ministères et agences japonais en 2013. Au cours du mois d’août, la Commission de Politique Spatiale avait transmis à chacune de ces administrations des directives à prendre en compte dans leurs prévisions de dépenses, dans un souci de coordination et d’optimisation du programme spatial nippon.

La mission Hayabusa-2 devrait recevoir un financement important en 2013

 

La demande de budget pour l’année fiscale 2013 (qui commence le 1 avril) s’élève au total à 353,7 milliards de yens (environ 3,5 milliards d’euros), soit une progression de 18,7% comparé au budget 2012. Cette somme inclut 49,8 milliards de yens (0,5 milliards d’euros) sollicités dans le cadre de deux plans de financements compétitifs mis en place par le gouvernement pour favoriser les investissements dans les domaines de l’environnement et de l’énergie. Elle comprend également 2,2 milliards de yens (22 millions d’euros) réclamés au titre d’effort pour la reconstruction après la catastrophe du Tohoku en 2011.

Le budget de chaque ministère

 

Le ministère requérant le montant le plus important est comme chaque année le MEXT (Ministère de l’Education, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie), avec une demande de 188,5 milliards de yens, soit une hausse de 8% par rapport à 2012. Sa part dans le budget total serait toutefois en baisse, passant de 58% en 2012 à 53% en 2013. Le MEXT financera la mission de récupération d’échantillons d’astéroïde Hayabusa-2, prévue pour décembre 2014. Celle-ci doit impérativement recevoir une somme importante cette année pour pouvoir être lancée à temps. Le MEXT réclame donc 11,4 milliards de yens pour ce projet (+280% par rapport à 2012). Notons que la France devrait être présente sur Hayabusa-2 avec l’atterrisseur MASCOT, développé en partenariat avec l’Allemagne. Le développement du satellite d’observation de la Terre ALOS-2, qui sera lancé fin 2013, accélère aussi et pourrait être financé à hauteur de 14,6 milliards de yens (+308%). Le nouveau lanceur léger Epsilon, qui sera lancé pour la première fois en 2013, pourrait quant à lui se voir allouer 8,2 milliards de yens (+46%). Les sommes attribuées à la Station spatiale internationale (ISS) ne devraient pas beaucoup varier par rapport à 2012, avec 14,1 milliards de yens pour l’opération du module japonais JEM/Kibo (-2%) et 24,4 milliards de yens pour le vaisseau cargo HTV (+0%).

Le satellite d’observation de la Terre ALOS-2

 

On constate une augmentation importante des contributions du MoD (Ministère de la Défense), avec 66,7 milliards de yens (+132% par rapport à 2012), et du METI (Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie), qui demande 5,7 milliards de yens (+54%). Cela reflète bien les axes stratégiques du Plan Spatial Fondamental, qui prône la mise en place d’un programme de défense et l’augmentation du soutien à l’industrie.

La plus grosse dépense du MoD devrait concerner ses activités de développement de son système de défense antimissile balistique (en collaboration avec les Etats-Unis), avec 36,4 milliards de yens (+498% par rapport à 2012). Il prévoit également l’achat de deux satellites de communications militaires en bande X, auquel il souhaite consacrer 21,6 milliards de yens (+67%). L’approvisionnement de ces satellites se fera dans le cadre d’un schéma PFI (Private Finance Initiative) englobant leur production, leur lancement et leur opération en orbite.

Le METI consacrera la majeure partie de son budget à des activités de recherche et développement dans les domaines de la miniaturisation des technologies de radar à synthèse d’ouverture (2,5 milliards de yens) et des capteurs hyperspectraux (1,5 milliards de yens).

Le Secrétariat du Cabinet devrait rester l’un des plus principaux postes de dépenses avec le programme de renseignement IGS (Information Gathering Satellite), pour lequel il prévoit un budget, constant d’un année sur l’autre, de 62,2 milliards de yens (-1%). Deux nouveaux satellites IGS devraient d’ailleurs être lancés début 2013 : un satellite radar et un satellite de test pour la nouvelle génération de capteur optique.

Le Bureau du Cabinet consacre la majeure partie de son budget spatial au système de positionnement QZSS (Quasi-Zenith Satellite System), qui est considéré comme le projet prioritaire du Japon. QZSS devrait donc recevoir en 2013 un financement équivalent à celui de l’année précédente, avec 10,6 milliards de yens (-0,5%). Le contrôle du projet, longtemps partagé entre plusieurs ministères, a été intégralement récupéré par le Cabinet en 2012. Pour l’instant, un seul satellite appelé « Michibiki » a été lancé, mais trois lancements supplémentaires sont prévus « avant la fin de la décennie ».


Le système de positionnement par satellites QZSS

 

Le Ministère de l’Environnement a sollicité 4,7 milliards de yens et pourrait ainsi voir son budget doubler par rapport à 2012 (+100%). Ses dépenses proviennent principalement du développement d’un second satellite pour l’étude des gaz à effet de serre, GOSAT-2 (Greenhouse gases Observing SATellite), qui devrait être lancé en 2016.

La Commission de Politique Spatiale vérifiera dorénavant que les ministères ont bien suivi ses recommandations et réclamera des ajustements le cas échéant. Le budget quasi-final devrait ensuite être connu comme tous les ans au mois de janvier. Il sera vraisemblablement inférieur à la somme présentée ici, si l’on se réfère aux années précédentes où le budget alloué était généralement réduit d’environ 20% par rapport au montant demandé.

 

 

Source: bulletins électroniques

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