Le gouverneur de la banque centrale du Japon (BoJ), Masaaki Shirakawa, a annoncé mardi qu’il avait proposé au gouvernement de quitter ses fonctions trois semaines plus tôt que prévu, après avoir cédé aux pressions du nouveau pouvoir sur sa politique monétaire…

 

Le gouverneur de la banque centrale du Japon (BoJ), Masaaki Shirakawa, a annoncé mardi qu’il avait proposé au gouvernement de quitter ses fonctions trois semaines plus tôt que prévu, après avoir cédé aux pressions du nouveau pouvoir sur sa politique monétaire, ont rapporté les médias.

M. Shirakawa a été nommé le 9 avril 2008 pour un mandat d’une durée de cinq ans dont le terme normal est le 8 avril prochain. Son remplaçant sera choisi par le gouvernement et devra être confirmé par le Parlement, mais le Premier ministre Shinzo Abe a bien précisé qu’il voulait un homme en accord avec ses idées et capable de défendre sa politique monétaire sur la scène internationale.

«Je voudrais démissionner le 19 mars, lorsque le mandat des deux gouverneurs adjoints de la BoJ arrivera à terme», a expliqué à des journalistes M. Shirakawa, cité par Dow Jones Newswires.

Le gouverneur a précisé qu’il avait déjà fait part de ce souhait directement à M. Abe, qui l’a «écouté avec attention», selon M. Shirakawa.

 

La BoJ, statutairement indépendante, a subi de fortes pressions de la part de M. Abe, Premier ministre depuis le 26 décembre après la large victoire de son Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) aux élections législatives dix jours plus tôt.

M. Abe a notamment demandé, et obtenu, du comité de politique monétaire de la BoJ qu’il relève son objectif d’inflation de 1% à 2%. Le but est d’accélérer la sortie du Japon de la déflation qui bride son activité économique depuis maintenant quinze ans, en dépit d’une période de rémission entre 2006 et 2009.

M. Shirakawa était opposé au départ à ce changement, craignant le risque d’une inflation excessive, à son tour mauvaise pour la troisième puissance économique mondiale. Avec la voie de M. Shirakawa, le comité de la BoJ a néanmoins approuvé ce changement le 22 janvier.

Sous la pression des nouveaux dirigeants conservateurs du pays, la BoJ a aussi, le même jour, accentué l’ampleur de son programme central d’assouplissement monétaire, qui consiste à acheter des actifs financiers divers, dont des obligations d’Etat.

Bien que M. Shirakawa ait jugé la politique qu’il menait adaptée à la conjoncture économique, les pressions du gouvernement ont poussé la BoJ à modifier son procédé d’achat, de façon à «acheter chaque mois pour un certain montant» d’actifs financiers de façon illimitée dans le temps au lieu d’une enveloppe pour une période donnée.

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