Des photos de canulars mises en ligne sur Facebook ou Twitter par des employés provoquent un débat de société au Japon. Les réseaux sociaux sont montrés du doigt.

 

L’histoire a débuté à la mi-juillet lorsque le jeune caissier d’un «konbini» Lawson, une supérette de quartier ouverte 24h sur 24h, a mis en ligne sur son compte Facebook une photo de lui allongé dans un grand congélateur où sont exposées les crèmes glacées du magasin.

Quelques jours plus tard, c’est un employé de Pizza Hut, qui se montrait, sur son compte Twitter, affublé d’un masque en pâte à pizza. Et depuis, ces images de canulars se sont multipliées sur les réseaux sociaux de l’archipel.

Si en Occident, elles auraient probablement fait sourire et entraîné quelques remontrances, elles provoquent au Japon un grand débat de société sur la valeur «travail» et sur l’éducation des jeunes.

Les grands médias se sont saisis du dossier, désormais baptisé du nom «baito tero», né de la contraction des mots japonais «travail temporaire» et «terrorisme».

Traumatisées, les directions des magasins concernés se sont publiquement excusées pour le comportement de leurs employés et ont assuré qu’elles avaient pris des «sanctions sévères» contre les travailleurs impliqués.

Les marchandises qui auraient pu être «souillées» ont été jetées. Et dans un cas, un restaurant de la chaîne Bronco Billy, où un cuisinier s’était pris en photo assis dans un grand frigo, a même été fermé par les managers.

 

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Désarroi croissant de la jeunesse

 

Dans une société extrêmement normée où l’hygiène est sacrée, ces comportements sont habituellement perçus comme «délictueux» et ont encouragé plusieurs influents commentateurs à dénoncer une mauvaise éducation ou à réclamer une meilleure utilisation des réseaux sociaux dont la «jeunesse» japonaise, expliquent-ils, ne percevrait pas la perversité.

Selon une étude réalisée en septembre dernier par ZKAI.Co, 67% des lycéens japonais utilisent Line, 23,2% Twitter et 14% Facebook.

Dans l’archipel, peu de voix ont, pour l’instant, pointé le désarroi grandissant d’une jeunesse japonaise qui peine à s’intégrer au marché du travail traditionnel et se retrouve souvent coincée dans des emplois temporaires sous-payés.

Cherchant souvent à protéger les bénéfices de leurs employés les plus âgés tout en réduisant leurs coûts fixes, les entreprises du pays offrent de moins en moins de contrats garantissant, comme dans le passé, un emploi à vie et préfèrent embaucher des «irréguliers» beaucoup moins rémunérés et très aisément licenciables.

En 1988, 17% des jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient des employés «irréguliers». En 2011, ce sont 45% de ces jeunes qui travaillaient dans ces conditions précaires.

 

 

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Source : Les échos

Discussions

Une réponse

  1. Lucie

    Une de ces photos m’a faite sourire mais il faut y voir une société ou tout le monde et aussi les jeunes sont étouffés et n’ont pas de possibilité d’envisager l’avenir sereinement.
    Pour moi ces photos sont comme un appel à l’aide.

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