Pleurer permet de s’enlever un poids des épaules. Se basant sur ce principe, un nouveau phénomène social, surnommé « ruikatsu » se répand à travers le Japon. Ici, les adultes se rassemblent pour pleurer devant des films tristes afin d’évacuer leur stress.

 

A Nagoya, lors de la dernière séance, cinq personnes se sont rassemblées, mouchoir à la main, et se sont assis devant un écran.

La plupart d’entre eux sont des participants réguliers à ce genre d’événement.

« Je suis prêt à torturer mes yeux » dit l’un des participants en plaisantant.

Éclairé d’une lumière tamisée, un documentaire sur les jours ayant suivi le grand séisme de Mars 2011 est diffusé, montrant un chien embourbé et une personne ayant perdu ses bras et ses jambes dans une zone sinistrée.

Au cours du documentaire, aidé par une chanson d’Osa Kazumasa jouée en fond, certains retiennent leurs larmes à la vue de scènes réconfortantes.

Cette session de ruikatsu a été organisé par Yuka Muroi, 31 ans, thérapeute de couple.

Il a observé comment les gens n’évacuant pas leur stress pouvaient avoir une vie dépourvue d’émotions.

Il a découvert cette méthode grâce à Hiroki Terai, qui organisait des séances de rui-katsu à Tokyo, pour les couples récemment divorcés.

En voyant les couples se séparer dans de meilleures conditions grâce à ces thérapies; Terai a réalisé la puissance des pleurs et a depuis étendu son concept autour de Tokyo par le bouche-à-oreille.

Yuka Muroi a alors étudié la méthode et a introduit la pratique à Nagoya en Avril.

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La plupart des participants sont des hommes. L’un d’eux, Toshihiko Ito, âgé de 49 ans, est directeur adjoint chez un grand fabricant de pièces automobiles. C’est la deuxième fois qu’il assiste à une séance.

«Je me sens tellement mieux. C’est vraiment génial. Je suis toujours tendu à la maison et bien sûr, en face de mes subordonnés au travail. Je découvre un nouvel état mental et émotionnel (après avoir assisté à une session rui-katsu) « , nous confie-t-il.

Junya Imachi, 28 ans, est un homme d’affaires indépendant vivant dans le quartier de Meito à Nagoya. Il a assisté à toutes les réunions jusqu’à présent.

« Parfois, je pense à mon passé lorsque je pleure. C’est une bonne occasion de vraiment faire le point sur soi-même», explique-t-il.

Mais est-ce que pleurer permet de guérir les cœurs meurtries ?

Selon Yuhei Kayukawa, psychiatre et professeur à l’Institut de technologie de Nagoya, les pleurs sont un aspect extrêmement important dans le comportement humain.

«Les personnes ne peuvent pas soigner leur santé mentale si elles gardent pour elles leur tristesse et refusent de l’admettre. Être capable de pleurer sans se soucier de son image et de son apparence est une étape importante pour se libérer d’une dépression », indique-t-il.

« Parce que cacher sa colère et sa tristesse est considéré comme une vertu dans la culture japonaise, les Japonais sont très mauvais dans la gestion de leur stress. » ajoute Kayukawa.

 

Source : Chunichi Shimbun

Discussions

2 Réponses

  1. petit joueur

    je vois bien le patron dire a la réunion avec ses employés, bon les gars je m’en vais avec une retraite chapeau aprouvée par les actionnaires ! parcontre désolé avec la réduction des charges y aura pas d’augmentation, y aura pas de participation non plus, tout est parti en dividendes !!
    et on risque de fermer, le chiffre est pas bon et serait meilleur si on délocaisait.
    mais vous inquiétez pas, le CE a décidé d’offrir une semaine de vacance en Allemagne avec des activités au choix ! paintabll, visite d’auschiwtz et rui-katzu !

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