Les groupes japonais d’électronique grand public multiplient les revers commerciaux et financiers.

 

Les malheurs s’amoncellent sur les fabricants japonais de téléviseurs. Après avoir subi la dévastation du Japon à cause du tsunami de mars 2011, puis les conséquences des inondations de leurs usines en Thaïlande en début d’année, plusieurs industriels attendent les plus graves pertes de leur histoire.

Panasonic a ouvert le bal des mauvaises nouvelles mercredi. Le groupe d’Osaka table sur une perte annuelle de 765 milliards de yens (7,4 milliards d’euros), 30 fois plus lourde que prévu.

Son compatriote Sharp anticipe un déficit de 450 milliards de yens (4,3 milliards d’euros) pour l’exercice fiscal clos en mars 2013. Les pertes sont si profondes que ­Takashi Okuda, le patron de Sharp, depuis le 1er avril, assure qu’il doit faire face à «des doutes concrets» à propos de la survie du groupe. Une manière de justifier une restruc­turation plus profonde que les ­5000 suppressions de postes annoncées en août. Des départs volontaires, des réductions de salaires, une baisse des investissements, des cessions d’actifs sont envisagés. Dans le solaire, Sharp pourrait céder un spécialiste américain dans les cellules photovoltaïques, Recurrent Energy, acquis en 2010 pour 305 millions de dollars, indique l’agence Bloomberg.

Par ailleurs, le spécialiste japonais des écrans plats LCD (à cristaux liquides) envisage des partenariats. Comme les discussions piétinent pour l’entrée à son capital du taïwanais Hon Hai Precisions, maison mère du sous-traitant Foxconn, Sharp serait en négociations avec des groupes américains de l’informatique. Les noms d’Apple, Google et Microsoft sont avancés par la presse japonaise. Ces géants américains du high-tech pourraient ainsi sécuriser un approvisionnement en écrans plats pour les appareils de leur marque. L’accord de production conclu entre Sharp et Sony a été dénoué au printemps.

 

Fin de la prime à la casse

 

Pour Sony, la situation n’est pas aussi noire, car le groupe a déjà engagé ces dernières années d’importantes suppressions de postes et de nombreuses fermetures d’usines. Cependant, Kaz Hirai, le PDG du groupe de Tokyo, vient de publier des pertes trimestrielles (149 millions d’euros) inattendues. Les analystes tablaient sur la reprise des bénéfices après six trimestres consécutifs dans le rouge et l’annonce du plan stratégique du nouveau patron. Il a engagé le départ de 10.000 salariés supplémentaires et décidé de recentrer la prestigieuse marque vers les smartphones, les jeux vidéo et les images numériques.

Mais, comme les autres groupes japonais, Sony est pénalisé à l’international par l’attrait des consommateurs pour d’autres produits, notamment ceux d’Apple et de Samsung. Sony fait moins rêver, y compris en Chine. La détérioration des relations politiques avec l’empire du Milieu affecte leurs ventes de téléviseurs. Les industriels japonais ne peuvent pas se rattraper sur leur marché intérieur. Les ventes de téléviseurs y sont très déprimées. Le gouvernement avait instauré une sorte de prime à la casse sur les téléviseurs, pour inciter les consommateurs à en acquérir des nouveaux, moins gourmands en énergie. Mais l’extinction de cette aide rend le marché japonais encore plus morose. Les industriels n’arrivent pas à se faire à l’idée d’abandonner leurs activités dans les téléviseurs, malgré les prix bas proposés par les groupes sud-coréens et chinois. En attendant des décisions drastiques, pour la huitième année consécutive, Sony continuera à perdre de l’argent dans les téléviseurs en 2012.

 

 

Source: Le figaro

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