L’association antinucléaire Greenpeace a lancé mardi une campagne mondiale pour exhorter les gouvernements à obliger les fabricants de réacteurs atomiques à assumer une partie du coût des dommages en cas d’accident, tel celui de Fukushima.

 

Dans la plupart des pays, la responsabilité des catastrophes nucléaires incombe aux opérateurs, mais les lois limitent souvent leur responsabilité, laissant in fine les contribuables payer la facture, s’agace Greenpeace.

Quant aux concepteurs et fabricants des réacteurs nucléaires, ils sont souvent juridiquement à l’abri des reproches, bien que leurs équipements soient concernés au premier chef, dénonce encore l’organisation de protection de l’environnement.

Ainsi, à aucun moment, n’a été évoquée la possibilité d’un vice des réacteurs de Fukushima Daiichi, qui impliquerait la mise en cause du groupe américain General Electric (GE) et des japonais Toshiba et Hitachi, se plaint Greenpeace. Ce sont pourtant leurs équipements qui sont impliqués dans l’accident provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est du Japon.

L’industrie nucléaire échappe à toute responsabilité pour un gros accident, a insisté mardi Aslihan Tumer, membre du groupe de pression.

Chaque entreprise à travers le monde dans tous les domaines technologiques assume un certain niveau de risque quand survient un accident, mais l’industrie nucléaire, elle, y échappe, en dépit des répercussions importantes, transfrontalières et à long terme que provoque ce genre d’accidents, assure-t-elle encore.

La campagne de Greenpeace vise à sensibiliser le public au fait que les mêmes entreprises connues pour leurs téléviseurs, ordinateurs ou réfrigérateurs et autres appareils domestiques produisent aussi des réacteurs nucléaires, et que les citoyens sont en droit de leur demander des comptes.

Depuis le désastre de Fukushima, l’Etat a avancé des centaines de milliards de yens (milliards d’euros) à la compagnie exploitante Tokyo Electric Power (Tepco) pour qu’elle indemnise les citoyens et entités diverses victimes de l’accident. Cet argent est censé être remboursé, mais à une échéance lointaine. Tepco a même été pour ainsi dire nationalisée.

Il faudra environ quatre décennies pour démanteler le site ravagé où travaillent chaque jour environ 3.000 personnes, tandis que 160.000 résidents de la région ont été déplacés à cause de ce sinistre.

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