Dans le monde, beaucoup d’instruments de musique sont uniques à leur pays ou un peuple dont ils sont l’incarnation de la musique traditionnelle et de son identité culturelle, citons par exemple la balalaïka de Russie, le quin de Chine ou encore le didgeridoo des aborigènes d’Australie. Le Japon possède également des instruments typiques, découvrez quatre d’entre eux dans cet article.

 

Le Koto

koto

La vision d’une femme jouant du koto devant une assemblée pour le Nouvel An ou tout autre occasion perdure dans l’imagerie populaire. Le koto produit un son lyrique proche de la harpe, on l’appelle aussi « cithare japonaise ». C’est actuellement l’instrument traditionnel le plus joué au Japon.

Une œuvre datant de 1878 représentant une femme jouant du koto.

Le koto mesure environ 1m80 de long et est taillé dans du bois de paulownia. Il comporte 13 cordes en soie tendues sur des chevalets d’ivoire mobiles que le joueur peut déplacer pour modifier le son émis par la corde. Le joueur pince les cordes avec trois doigts de la main droite (son pouce, son index et son majeur) équipés chacun d’un plectre pendant que la main gauche déplace les chevalets et fait pression sur la partie non vibrante des cordes.

Le koto est originaire de Chine et fut introduit à la Cour impériale japonaise entre le VIIème et VIIIè siècle. Au fil du temps son usage s’est répandu dans toutes les couches de la population.

Une performance de koto sous les feuilles automnales d’Arashiyama (Kyoto) :


 

La flûte Shakuhachi

shakuhachi

Les tonalités basses de cet instrument ont un goût de Japon ancien. De nombreuses personnes tombent sous le charme de ce son profond.

Le shakuhachi est arrivé au Japon au VIème siècle via la Chine de la dynastie des Tang et son nom provient de sa longueur dans un ancien système de mesure chinois. Cette flûte droite est taillée dans la racine du bambou japonais et comporte quatre trous sur le dessus et un à l’arrière. C’est un instrument à anche semblable au quena et à la flûte du Pérou et de Bolivie.

Du XVIIème siècle jusqu’à la Restauration Meiji en 1868 ce fut l’instrument sacré des moines Komusô de l’école bouddhique Fukeshû facilement reconnaissables au grand chapeau tressé dissimulant leur visage.

Cette performance de John Umiyama Neptune au shakuhachi vous charmera à coup sûr :

 

Le Shamisen

shamisen

Bien que l’on dise que le shamisen a une histoire moins riche que d’autres instruments de musique japonais c’est un instrument qui a de nombreux adeptes dont les plus célèbres sont les geishas.

C’est un instrument à cordes pincées mesurant 110 à 140cm dont le nom signifie « trois cordes parfumées ». De la peau de chat ou chien est tendue des deux cotés de la caisse de résonance carrée et les cordes de soie sont tendues sur un manche traversant la caisse. Les cordes sont jouées avec un plectre en forme de feuille de ginkgo. Il en existe plusieurs variétés de sonorités diverses qui s’adaptent à différentes sortes de chants et musiques.

Le shamisen apparait au Japon au milieu du XVIème siècle et dérive du sanxian chinois qui donnera également naissance au sanshin d’Okinawa.

Fukui Tenbi est une célèbre joueuse de shamisen :

 

Le Sanshin

sanshin

Très similaire au shamisen, le sanshin est néanmoins un instrument typique de l’archipel d’Okinawa. C’est un instrument gai avec une échelle musicale caractéristique qui sied parfaitement aux chants dansants populaires. Son manche est plus court que le shamisen et la caisse traditionnellement recouverte de peau de serpent parfois remplacée par du cuir synthétique de nos jours.

A Okinawa le sanshin est souvent joué lors des mariages et des fêtes populaires. Cet instrument est à ce point ancré dans la culture locale que quiconque veut devenir professeur de musique se doit de maitriser le sanshin quand bien même ce n’est pas l’instrument qu’il veut enseigner.

Une performance de sanshin par des musiciens revêtus de tenues traditionnelles d’Okinawa :


Source : tsunagujapan.com || Images : Shutterstock.com

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